|
Mercredi, dans la salle polyvalente du lycée Stendhal de Milan, une cinquantaine d'élèves ont dû affronter la première épreuve du baccalauréat, la philosophie. Au menu, dissertations sur l'art, la politique ou encore le devoir, en compagnie de Kant et de Mill Mercredi midi, au Lycée Stendhal, des élèves à la sortie de la première épreuve du Bac 2008 (Photo MM)
Quelques minutes après midi, les élèves de terminale du lycée français de Milan sont sortis, pour la grande majorité soulagés, de leur épreuve de philosophie. Ils étaient 24 élèves en filière scientifique, une quinzaine en section économique et sociale, et 8 littéraires à avoir planché sur les différents sujets proposés cette année aux lycées français de l'étranger. Ils ont d'ailleurs commencé le bac plus tôt que les élèves résidents dans l'hexagone qui sont encore en révisions jusqu'au 16 juin. Issad, qui étudie à Stendhal depuis deux ans en ES, a choisi de traiter le sujet "La parole peut-elle être un instrument de domination". Même s'il s'attendait à quelque chose de "plus simple", il pense "s'en être bien sorti". Même chose pour Antoine et Adrien, élèves de terminale S. "On s'attendait à quelque chose de plus scolaire", ont-ils expliqué, "mais nous n'étions pas vraiment stressés". Tant mieux ! Car il en faut du calme pour disserter en 4 heures sur "Les devoirs que l'on a ou pas envers soi-même". Echange sur les sujets à la sortie de l'épreuve de philosophie (Photo MM)
Une tradition française Depuis son institution par Napoléon en 1808, le célèbre examen a fait "bachoter" des millions d'élèves. L'épreuve de philosophie est l'une des plus typiques de l'examen, car la France envisage la matière sous forme de notions, tandis que dans la plupart des autres pays, dont l'Italie, la philosophie est étudiée chronologiquement, "on étudie des périodes", comme le souligne Virginia, une jeune fille italienne étudiante au lycée français depuis la maternelle. Elève de la filière littéraire, elle a choisi d'analyser le texte de Kant qui était proposé, tiré de ses Conjectures sur les débuts de l'histoire humaine. "On connaissait bien la pensée de l'auteur", précise l'une de ses camarades. L'année prochaine, tous ces jeunes gens nourris à la culture bi-nationale, prendront le chemin des études supérieures, si le résultat de leur bachot le leur permet. Antonio, Nina, Jemili et les autres se retrouveront sur les bancs de la Bocconi et du Politecnico à Milan, mais aussi sur ceux des écoles et universités françaises, riches d'un parcours peu ordinaire. Marie MALZAC. (www.lepetitjournal.com - Milan) vendredi 13 juin 2008 |