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Un petit atelier de La Boca fait travailler cartoneros et artistes sur des projets liés aux cartons. Couvertures et pochettes de DVD originales ornent des produit dont la vente soutient plusieurs familles de cartoneros de La Boca
(Photo: Karine Rocamora)
Des montagnes de cartons dans chaque recoin de la pièce, des étagères envahies par des dizaines de livres et des centaines de couleurs, bienvenue à la cartonnerie Eloisa. Niché au cœur de La Boca, cet atelier a été fondé en 2003, par l’écrivain Washington Concurto, afin que les enfants cartoneros ou leurs parents s'investissent dans un projet artistique à base de la matière qu’ils recherchent chaque nuit dans les poubelles de Buenos Aires : le carton. Dans cet atelier, cartoneros et artistes se regroupent pour éditer des livres d'auteurs sud-americains aux couvertures de cartons personnalisés, fabriquer des pochettes de dvd ou encore des rangements pour dossiers. "On fabrique les couvertures en carton, on imprime et on relie les pages des livres" explique Alejandro, l’un des artistes impliqués. Toute la petite production se fait sur place avec peu de moyens mais beaucoup d'imagination. Chaque couverture de livre est unique (dessins et couleurs inédits). Ces pièces exclusives sont vendues directement à la fabrique ou dans quelques librairies du centre ville, à un prix légèrement supérieur à la moyenne. La vente directe est privilégiée : "Manifestations, concerts, parcs, ferias, nous profitons de toutes les occasions pour distribuer nos ouvrages" poursuit Alejando.
Commerce équitable
Assise à son bureau, pinceau dans une main et morceau de carton dans l'autre, Miriam est une ancienne cartonera. Elle y travaille avec application depuis qu’elle a succombé à l’atmosphère de l’atelier. "Je passais tous les jours devant lorsqu’un soir je me suis décidée à entrer pour essayer. De suite, les artistes m'ont invité à travailler avec eux", raconte-t-elle, "Cinq mois plus tard je suis revenue à l'atelier et n'en suis plus partie". Celle qui ramassait les cartons pour ensuite les vendre, aujourd'hui les achète. Car la cartoneria Eloisa se fournit directement auprès des cartoneros. La boutique leur paie leur marchandise à 1,50 pesos le kilo alors qu'il se négocie habituellement 0,30 pesos dans la rue. Pour le travail artistique, les participants sont payés 3 pesos de l'heure. La fabrique soutient ainsi les cartoneros dans une autre version du commerce équitable.
Bon à savoir : Eloisa organise un concours permanent où chacun peut amener dessins, poèmes, bandes dessinées, avec à la clé la possibilité d'être publié dans un livre. Rendez vous à Brandsen 647. Karine ROCAMORA. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mercredi 11 juin 2008
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