| Ecrit par Camille VAYSSETTES,
le 09-11-2005 22:00
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Pour répondre à la colère des jeunes de banlieues, Dominique de Villepin a lancé une idée choc : l'abaissement de l'âge d'entrée en apprentissage de 16 à 14 ans. Mais, les défenseurs de l'école républicaine dénoncent un retour en arrière tragique avec la mise au travail d'enfants de 14 ans et la fin de l'école obligatoire jusque 16 ans
Fini l’école, aux fourneaux ! (Photo : AFP)
A situation bloquée, mesures choc. Parmi les nouveautés proposées par Dominique de Villepin lors de son intervention télévisée de lundi soir, consacrée à la crise dans les banlieues, figure la possibilité pour les ados de rentrer en apprentissage dès 14 ans, au lieu de 16 ans aujourd’hui.
Pour les détails précis de cette disposition, il faudra encore patienter. Gilles de Robien, interrogé dans le cadre des questions posées au gouvernement à l’Assemblée nationale, qu’un projet de loi dans ce sens serait "prochainement" déposé. Le ministre de l’Education a ajouté qu’il devait auparavant achever les "consultations (...) nécessaires".
L’intention est peut-être louable : récupérer en apprentissage des jeunes auxquels le système scolaire classique ne convient plus. Là où l’école a échoué, on espère qu’une formation plus concrète et pratique leur offre des perspectives professionnelles.
370.000 jeunes déjà en apprentissage
Mais la polémique ne s’est pas faite attendre. Les syndicats d’enseignants (Unsa-éducation, FSU), de parents d’élèves (FCPE) et la gauche se sont élevés à l’unisson pour dénoncer l’abaissement de l’âge requis pour l’apprentissage.
"Relégation scolaire" selon l’Unsa, "tri social" d’après la FSU, on craint d’enfermer les jeunes gens dans un choix fait trop tôt. Pour les "antis", cette mesure est un tragique retour en arrière, l’enterrement du collège unique et de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans, en vigueur depuis 1975. La multiplication des bourses pour les jeunes défavorisés mais méritants, suggérée par Villepin également lundi, servira d’après la FCPE "d’alibi démocratique" au gouvernement.
Gilles de Robien a défendu bec et ongles hier sur France 2 la proposition du Premier ministre, "une bonne mesure", et déclaré que la controverse est une "injure". Le ministre de l’Education s’est insurgé : "Comment voulez-vous dire à 14 ans que l'apprentissage est une voie de garage quand déjà 370.000 jeunes sont sur la voie de l'apprentissage et vont professionnellement à coup sûr réussir ?"
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 10 novembre 2005 Lire aussi
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