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La construction européeenne est entre les mains d’un pays demain : L’Irlande. C’est le seul Etat membre à soumettre par référendum le traité de Lisbonne, remplaçant de la défunte Constitution. En cas de victoire du "non", l’UE prendrait un sacré coup. Encore… Le Premier ministre Brian Cowen s'est donné bien du mal pour convaincre ses concitoyens de voter "oui" (photo AFP)
Chez les partisans du "oui" la méthode coué bat son plein : "Je pense que nous allons gagner parce que de plus en plus de gens en viennent à la conclusion que cela répond aux intérêts de l'Irlande", a déclaré Brian Cowen. Le Premier ministre irlandais a un sacré moral tant le "non" talonne le "oui" dans les sondages. "Un coup d’arrêt" à la construction européenne, un camouflet envoyé à l’Union européenne qui a contribué au boom économique de l’Irlande : les mises en garde se sont multipliées à l’adresse des pro-non. Les Irlandais sont les seuls dans l’Union européenne à se prononcer demain, sur la ratification du traité de Lisbonne, remplaçant de la défunte Constitution rejetée en 2005 par la France et les Pays-Bas. Il vise à renouveler des institutions devenues obsolètes dans une Europe à 27 membres. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le "oui" n’a pas partie gagnée. Très actifs, les partisans du "non" ont gagné du terrain. A deux jours du référendum, les indécis étaient encore 19 %, sur les 3 millions d’électeurs appelés à s’exprimer. Un "non" mobilisé Le camp du "non" avait du grain à moudre. Les Catholiques décrivent le traité comme une atteinte au droit irlandais qui limite l’avortement, les hommes d’affaires accusent l’UE d’avoir pour objectif de mettre un terme au taux local très attractif de 12,5 % de l'impôt sur les sociétés. Sans compter les nationalistes du Sinn Fein, défenseurs d'une indépendance irlandaise en danger selon eux au sein de l'UE. L’heure est de plus au ralentissement économique après le boom, et à l’arrivée de la concurrence des pays de l’Est. Après la période faste des aides et des subventions venues de Bruxelles, l’UE n’est plus vraiment perçue positivement. Dans la cacophonie de l’argumentaire des pro-non, le camp du "oui", bien parti en début de campagne a perdu pied. Il s’est évertué à rappeler la chance que l’UE avait offerte à l’Irlande, en en faisant l’un des pays les plus dynamiques ces dernières années. Si le traité est rejeté demain, il sera difficile pour l’UE d’ignorer ce résultat issu du seul Etat membre ayant osé demander l’avis de ses concitoyens. Un "non" ferait donc du texte un papier nul et non avenu, auquel il faudrait une nouvelle fois apporter des modifications. Bref, un nouveau coup d’arrêt à la construction européenne. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com - Dublin) mercredi 11 juin 2008 |