| Ecrit par Mario Gonzalez ,
le 10-06-2008 01:00
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Le Président mexicain, Felipe Calderon, avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur la crise alimentaire qui se profile au Mexique. Le 19 Mai dernier, il a de nouveau abordé le sujet lors d'un message à la nation à la télévision 
Le Président Felipe Calderon (Source Notimex)Le Président mexicain, Felipe Calderon, a de nouveau tiré la sonnette d’alarme au sujet de la crise alimentaire qui menace le Mexique, à l’image des autres pays du monde. Le chef de l’Etat mexicain a affirmé, le 19 mai dernier, que le Mexique ne "restera pas les bras croisés" face à la crise, promettant d’augmenter le volume de la production agricole, notamment du maïs, qui constitue l’aliment de base des Mexicains. En quelques jours, Calderon a consacré, chose peu habituelle, un message à la nation, diffusé en "prime time", pour évoquer la crise qui s’annonce et tenter de calmer les esprits. Dans ce discours, il a annoncé une batterie de mesures pour protéger les bourses des familles les plus pauvres, face à la hausse généralisée des prix des aliments. Le chef de l’Etat mexicain a expliqué la flambée des prix qui frappe de plein fouet les petites gens par la forte croissance des économies asiatiques (Chine et Inde), qui encourage la consommation effrénée, et par la hausse des cours du pétrole, qui se répercute sur le prix des aliments. Dans ce contexte peu favorable, la priorité pour le gouvernement mexicain est de se porter au secours des familles les plus pauvres. C’est pourquoi des mesures ont été prises pour éliminer les taxes sur l’importation du riz, blé et maïs, afin de stabiliser leurs prix. De même, les taxes sur le lait en poudre seront réduites de moitié et une partie des importations de haricots seront libres d’impôts. Les éleveurs mexicains vont également bénéficier d’aides fiscales afin de promouvoir la production de lait et de viande. Les aides en amont porteront sur l’élimination de taxes sur l’importation de fertilisants et l’octroi de crédits aux petits producteurs, à des conditions préférentielles. Le Mexique compte aussi élargir les périmètres irrigués et allouer quelque 20 milliards de pesos pour faciliter l’acquisition de matériels agricoles modernes par les cultivateurs. Une bombe à retardement Toutes ces mesures annoncées par la plus haute autorité du Mexique dénotent de la profonde conviction des responsables mexicains que le salut se trouve bel et bien dans le pays et que la solution à la crise alimentaire devrait être avant tout mexicaine. Le principal souci qui apparaît en filigrane est que le prix du kilogramme de la tortilla (une galette de maïs omniprésente sur la table de tout mexicain) atteigne un prix inaccessible pour les 40 millions de pauvres au Mexique. De l’avis des observateurs les plus optimistes, cette situation constitue une véritable bombe à retardement. Son explosion est simplement une question de temps, si rien n’est entrepris immédiatement pour empêcher que la vague des protestations à travers le monde ne déferle sur le Mexique. Prenant les devants, le gouvernement mexicain a décidé d’octroyer une aide financière, mince mais vitale, aux 5,3 millions de foyers qui vivent dans l’extrême pauvreté du Mexique. Au total, ce programme d’aides dénommé "Opportunités", coûtera annuellement à l’Etat 1,5 milliards de pesos et bénéficiera à 26 millions de personnes. Pour couper court aux spéculateurs peu scrupuleux qui viendraient se greffer sur cette manne financière, le président Calderon a averti qu’aucune spéculation de quelque type que ce soit, ne sera tolérée par son gouvernement dans cette situation adverse. Mario GONZALES. (www.lepetitjournal.com - Mexico) mardi 10 juin 2008
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