| Ecrit par BUDAPEST,
le 10-06-2008 00:00
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L'exposition du musée Petöfi invite à une véritable plongée dans une des périodes les plus glorieuses des lettres hongroises. EIle célèbre les 100 ans de la revue bimensuelle Nyugat, dont la naissance eut lieu le premier janvier 1908 au Café New York
Le café New-York rénové (Source : www.nytimes.com)
Nyugat devait interrompre sa parution le premier octobre 1941 mais reste toujours une référence à l'instar de la Nouvelle revue française fondée à la même époque avec des objectifs semblables. Avec toujours le même principe : aucune règle n'est imposée et s'y retrouvent des écrivains de sensibilité et de parcours différents. La littérature hongroise au XXe siècle est issue tout entière de Nyugat, qui n'est pas une école mais reflète les tendances dans tous les domaines et est synonyme de liberté de création. György Lukacs y participa dans ses jeunes années. Ceux qui y collaborèrent veulent rompre l'isolement culturel du pays qui reste à l'écart des grands mouvements artistiques européens et se proposaient de libérer la littérature de ce que l'on considérait comme les carcans de la tradition du XIXe et de l'ouvrir à la modernité. D'ailleurs les critiques émanant de la littérature traditionaliste n'ont pas manqué. On peut mentionner que Mallarmé a été connu en Hongrie dans les premières années de la revue comme plus tard grâce à elle toujours, le sera Simenon. C'est en 1917 dans Nyugat que Menyhert Lengyel fit paraître l'argument du ballet de Bartok le Mandarin merveilleux, sujet particulièrement audacieux pour l'époque!
De prestigieux collaborateurs Parler des écrivains liés à Nyugat revient à énumérer les gloires littéraires de cette époque. La première salle de l'exposition nous les révèle d'ailleurs grâce aux portraits peints par József Rippl-Rónai, notamment ceux de Mihaly Babits, Zsigmond Móricz, Frigyes Karinthy, Lorinc Szabó, Endre Ady, Erno Osvát, Miksa Fenyo ou Aladár Schöpflin, tous nés entre 1877 et 1885. On les retrouve dans la première génération, particulièrement brillante, de Nyugat avec Dezsö Kostolanyi, Gyula Juhasz ou Geza Gardonyi qui s'illustrèrent aussi bien dans la poésie, le roman que la traduction de grandes œuvres universelles. Des dizaines de photos nous font pénétrer dans l'intimité de ces écrivains. Des films, des peintures, des musiques permettent de mieux saisir cette période d'intense création. Un grand panneau est réservé à de nombreux exemplaires de la revue, des chaises, des tables restituent l'atmosphère des cafés de l'époque. Et comme toujours dans ces rétrospectives, quelques objets personnels, machine à écrire, écritoire aussi bien que vêtements ou chaussures nous rappellent l'aspect plus quotidien des écrivains. Beaucoup d'allusions à Margit Kaffka, cette femme de lettres exceptionnelle, disparue prématurément, victime de la grippe espagnole le premier décembre 1918. Le baron Lajos Hatvany est aussi très présent, mécène mais aussi critique. Colette DEHALLE. (www.lepetitjournal.com - Budapest) mardi 10 juin 2008
Musée littéraire Petöfi 1053 Budapest Károlyi Mihály u. 16 Tél :317-3611 Ouvert de 10 à 18h tous les jours sauf le lundi, jusqu'au 31/12
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