| Ecrit par Stéphanie Pichon,
le 10-06-2008 00:00
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Deutsche Telekom vit des heures difficiles. Accusé d'avoir espionné des journalistes et des membres de son conseil de surveillance entre 2005 et 2006, le géant de la communication européen doit faire face à une véritable affaire d'Etat qui livre chaque jour son lot de révélations et en dit long sur les méthodes pratiquées par les grandes entreprises allemandes A la centrale Deutsche Telekom de Bonn, retour aux méthodes de la Stasi (photo. Deutsche Telekom)
René Oberman, l’actuel patron de Deutsche Telekom, a beau se repentir et promettre que désormais l'accès de ses salariés aux données de ses clients (conversations téléphoniques et courriers électroniques) sera limité, le mal est fait. Le mot "espionnage" est désormais associé au plus grand groupe européen de communication et sa réputation en a pris un coup. La semaine dernière le Spiegel, journal à l’origine des révélations, titrait en Une "Big Brother" avec le T bien reconnaissable du logo de Deutsche Telekom.
Des milliers de conversations décortiquées Via la société Network Deutschland, DT aurait décortiqué des milliers de données de conversations téléphoniques (numéros appelés, heure, date), sans pour autant avoir "écouté" les conversations, affirment ses dirigeants. Objectif : faire cesser les fuites d'informations dans la presse économique à un moment où le groupe licenciait et traversait une passe délicate. Deutsche Telekom a fait son mea culpa et confirmé les informations du Spiegel concernant la période de 2005 et 2006. Le parquet de Bonn a ouvert une enquête et déjà perquisitionné le siège de groupe à Bonn. Embarrassé, le gouvernement, actionnaire à 32% du groupe, a souhaité qu’un code de bonne conduite soit érigé par les sociétés de communication pour couper court à ce genre de méthodes. Retour aux méthodes de la Stasi Depuis, les révélations vont bon train. Avec parfois des tournures rocambolesques dignes de romans d'espionnage. Selon plusieurs témoins qui travaillaient à l'époque des faits dans le service sécurité de l'entreprise, ces méthodes étaient employées depuis la fin des années 90. D'anciens officiers de la Stasi (police politique de la RDA) auraient été recrutés. Des comptes bancaires auraient été également décortiqués. Et la société Network Deutschland aurait aussi travaillé pour le compte de la Deutsche Bahn. La société ferroviaire s'est défendue dimanche d'avoir espionné qui que ce soit. Elle aurait fait appel à la société de détectives privés pour dénouer des affaires de marché. Pas pour espionner des journalistes. Pour l'heure les soupçons se portent surtout sur les deux anciens dirigeants de Deutsche Telekom, à savoir Kai Uwe Ricke, PDG jusqu’en novembre 2006, et Klaus Zumwinkel, président du Conseil de surveillance. Le même qui était aussi à la tête de la Deutsche Post et a dû démissionner à la suite d’un détournement fiscal de plusieurs millions d’euros. L'affaire intervient quelques semaines après l'affaire Lidl qui avait révélé que la société espionnait ses salariés avec caméras et autres mouchards. Stéphanie PICHON. (www.lepetitjournal.com/berlin.html) mardi 10 juin 2008
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