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Le chemin qui mène à l’Islam est parfois semé d’embûches. Même si la foi de certains convertis l’emporte sur les obstacles que dressent familles et amis, ils n’en gardent pas moins le poids d’une histoire tragique. Fehmi, chrétien converti à l’Islam rompt le silence qui règne dans son appartement, pour se confier Sa voix est à peine audible et quelque peu tremblante. A 38 ans, Fehmi est un homme simple et timide. D’allure peu décontractée, il garde, tout au long de l’entrevue, les yeux rivés sur le sol, ce qui lui confère un air d’enfant sage à qui on voudrait du mal. Cet homme au teint mat et au visage ridé a perdu sa détermination, autrefois à toute épreuve. C’est aujourd’hui une force tranquille qui le fait tenir debout. Une force qu’il a puisée dans l’Islam. "Si je n’ai plus peur aujourd’hui, c’est parce que l’Islam est en moi", explique-t-il sereinement. C’est en 1996, alors qu’il est âgé de 26 ans, que Fahmi Halim Tadroz devient Fahmi Halim Mahdi. Enfant, il n’était pas pratiquant et évitait souvent d’aller à l’église avec ses parents. Fehmi préférait alors rester avec ses amis, tous musulmans. "J’ai l’Islam dans mon cœur depuis que je suis petit", lance-t-il laissant s’échapper un sourire. "Mais, c’est à force de discuter avec mes amis sur la religion que j’ai vu la vérité. J’ai suivi des cours sur l’Islam et j’ai officialisé ma conversion", poursuit-il.
"Cela m’a valu quelques ennuis" Pour devenir musulman, la simple sha’ada (profession de foi) ne suffit pas en Egypte. La religion étant mentionnée sur la carte d’identité, il convient de prouver l’entrée en Islam par un document officiel remis par la mosquée d’Al Azhar. "Mon entrée en Islam est écrite sur mes papiers. Je l’assume devant le monde entier, même si cela m’a valut quelques ennuis." Et, c’est avec le prêtre que les ennuis ont commencé. Première personne à être informée de la conversion de Fehmi, il a tout fait pour l’en dissuader. Visa pour quitter l’Egypte, mariage et argent lui ont été proposés. Animé par la volonté de convertir sa famille, Fehmi était loin d’être préparé à ce qui allait arriver. "Ma famille a très mal pris la nouvelle. Nous nous sommes disputés et ils ont essayé de m’enfermer. Mais je me suis enfui et j’ai survécu dans la rue." Fehmi, le regard froid, ne laisse pas transparaître la moindre émotion et n’aime pas s’étaler sur sa misère. Alors pour avoir quelques précisions, c’est à sa femme Nafissa qu’il faut poser les questions. "La vie a été dure pour lui. Il ne veut pas le dire mais quand il s’est enfui, sa famille a essayé de le tuer, ils l’ont même percuté avec une voiture", raconte-t-elle. C’est en 1998, que Nafissa décide d’aider Fehmi, et surtout de l’épouser. "Je ne voulais pas me marier avec un chrétien, mais Fehmi s’était converti. Allah l’a fait entrer dans la communauté des musulmans. Ce n’est pas moi qui vais le rejeter." Un amour et une générosité qui ont permis à Fehmi de "sortir de la rue". "Nafissa m’a offert un toit, mais surtout un cœur et un fils", conclut-il. Texte et photos Sara HABA. (www.lepetitjournal.com - Le Caire-Alexandrie) mardi 10 juin 2008 |