|
La maison Al-Sehimy organise régulièrement des spectacles de folklore égyptien. Ainsi, le 28 mai dernier se produisait le chanteur soufi ‘Amer al-Tuni ainsi qu’un derviche tourneur. Ce spectacle sera présenté de nouveau le 15 août au même endroit. Cet événement vaut le déplacement à la fois pour le cadre et l’étrangeté du spectacle teinté de mysticisme. Un cadre magique : bait al-Sehimy Si vous n’êtes jamais allé à la Bait al-Sehimy et que vous êtes un admirateur de l’architecture arabo-musulmane, alors profitez de cette occasion pour découvrir un endroit féerique du Caire islamique. Bait-al-sehimy - littéralement la maison de Sehimy, du nom de son dernier occupant - se trouve au cœur du Caire fatimide. Son adresse exacte est Harat al-Darb al-Asfar. Il s’agit d’une ruelle perpendiculaire à la rue Al-Moazz al-Din al-Fatimy. Pour la trouver, il suffit de remonter du khan al-khalili en direction de bab-al-futuh, puis avant le marché au citron vous prenez sur la droite. Cette maison qui représente la quintessence des maisons ottomanes en Egypte, a été bâtie entre 1648 et 1796 sur le site d’anciens abattoirs de l’époque fatimide. Elle se visite tous les jours, sauf le vendredi et le samedi, de 9h à 18h.
Le spectacle de derviche L’ambiance est très différente de celle des spectacles du groupe de derviches al-Tannoura qui se produit à al-Ghoury. L’accent est mis, avant tout, sur le chant. ‘Amer al-Touni accompagné d’un violon, d’un rebab, d’un tabla et d’une flûte (nay), reprend des rythmes et des chants soufis appartenant au patrimoine folklorique égyptien. Son répertoire est varié afin de faire découvrir au public la plus large palette possible de rythmes soufis. Il reprend ainsi le célèbre maître soufi et poète de langue persane Jalal al-Din al-Roumi. Celui-ci s’est illustré par la fondation de l’ordre des derviches tourneurs dans la ville de Konya en Turquie. De même, il chante les célèbres vers de ‘Umar ibn-Fared, un des plus grand poète soufi de langue arabe qui célébrait l’ivresse spirituelle dans sa célèbre "Ode au vin". Il est né et à vécu toute sa vie en Egypte sur les pentes de la Muqqatam, où aujourd’hui un mausolée lui est consacré. Chaque année des milliers de fidèles viennent se recueillir dans ce lieu pour célébrer son mouled. Très vite, on se laisse prendre par la musique envoûtante et par la ferveur du chanteur. Pour les soufis, il ne doit y avoir aucune barrière entre eux et Dieu et le mouvement circulaire (dans le sens inverse des aiguilles d’une montre) doit les aider à retrouver Dieu. En Egypte, l’Islam populaire était très marqué de soufisme qui aujourd’hui est malmené par l’Islam salafiste rigoriste qui le considère comme déviant de la vraie foi. A la fin du récital, un derviche fait son apparition vêtu de ses nombreuses jupes de couleur. Son visage émacié d’ascète est troublant. Dès qu’il commence à tourner on se sent entraîné et fasciné par ce mouvement régulier sensé ouvrir l’âme de l’Homme à son Dieu. Stéphanie SALHA. (www.lepetitjournal.com - Le Caire-Alexandrie) lundi 9 juin 2008 |