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Véritable attraction pour les touristes curieux, le Souk el Gamal, marché aux chameaux est avant tout un lieu où vendeurs et acheteurs se retrouvent autour de transactions peu communes. Quand billets verts et dromadaires s’échangent, à quarante kilomètres du Caire 
Photos Sara Haba : Originaires du Soudan ou de Somalie, ces dromadaires parcourent plusieurs milliers de kilomètres avant d'atteindre le Souk el GamalLes quelques cadavres de camélidés étalés sur le bas côté de la route font peu à peu place à une marée humaine à l’entrée du marché de Berqash. Plus d'un millier de dromadaires sont ici en vente chaque semaine. Du Soudan ou de Somalie, ils ont parcouru des milliers de kilomètres avant d’atteindre l’Egypte. Que ce soit en bateau, en camion ou à pied, le trajet fut éprouvant. Et, parce que seuls les plus robustes arrivent jusqu’à la capitale, Ammar, vendeur soudanais, tient à souligner l’importance du choix à l’achat : "en Somalie, même si je fais confiance à la baraka, je préfère choisir et acheter les dromadaires les plus vigoureux pour ne pas avoir de perte une fois au Caire. Aussi, je n’en achète aucun sur la route". Malgré une chaleur avoisinant les 45 degrés, le marché grouille de monde. Les vendeurs vont et viennent, dirigeant les dromadaires à coups de cannes. "On tape les dromadaires pour qu’ils nous écoutent sinon les bêtes font ce qu’elles veulent", explique Ammar. Et, pour éviter qu’un des dromadaires ne s’échappe, les vendeurs se sont chargés de leur plier une des pattes avant et de l’attacher à l’aide d’une corde. La patte, ainsi entravée, garantie l’immobilité de l’animal. Entre commerce et tradition Les clients, groupés quant à eux autour des dromadaires, admirent stature et démarche des bêtes. Ils observent, examinent et évaluent. Les plus consciencieux d’entre eux procèderont même à l’inspection de la mâchoire. "C'est en regardant les dents que l'on estime la valeur de la bête", explique un client. Les prix pour un dromadaire varient entre 2.500 et 5.000 L.E. Un tarif qui change à chaque saison. "Même si à l’achat le prix est le même, un chameau coûte plus cher en été. Le trajet sous le soleil est plus difficile. Pour ne pas prendre de risque, on ramène moins de chameaux de Somalie", explique Ammar. Les ventes s’enchaînent à une vitesse impressionnante. Après avoir ausculté les chameaux avec attention, les clients engagent une discussion qui se terminera par un accord, symbolisé par un "Mabrouk !" (Félicitations !) ou par une simple poignée de main. La vente est ensuite officialisée par quelques notes sur un carnet. "Pas de signature ici, juste la confiance", s’exclame le vendeur. Si beaucoup de dromadaires travailleront ensuite comme animal de trait dans les champs, la plupart sont vendus à des bouchers, qui égorgeront l’animal afin d’en vendre la viande. Abu Fared, boucher cairote, slalome entre les dromadaires à la recherche d'une viande de qualité. "C’est la plus bonne viande du pays, mais il est difficile de trouver une viande tendre ici, car avant d’arriver dans le ventre de riches Egyptiens, ces bêtes ont fait un voyage d’environ quarante jours et ils en ont beaucoup souffert", avoue-t-il. Sara HABA. (www.lepetitjournal .com - Le Caire - Alexandrie) vendredi 13 juin 2008 Voir plus de photos : http://snony.files.wordpress.com/2008/02/gamal-1.jpg http://snony.files.wordpress.com/2008/02/gamal-2.jpg http://snony.files.wordpress.com/2008/02/gamal-3.jpg |