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En Egypte, comme dans la plupart des pays arabes, les dispositions du code civil liées au droit de la famille sont déterminées par le droit religieux. Ainsi, les musulmans se voient appliquer la charia tandis que les chrétiens utilisent des prescriptions tirées des Evangiles Le Pape Shenouda III (Photo SS DR)
En 1938, une première réforme a été menée au sein du code de statut personnel des chrétiens. Ainsi, il est prévu que le divorce est licite dans une dizaine de cas dont l’aliénation mentale d’un des conjoints, l’incarcération pour une durée supérieure à 8 ans ou une absence prolongée au-delà de 5 ans d'un des conjoints. Les autorités religieuses chrétiennes ont rejeté ces modifications en arguant du fait que celles-ci étaient contraires aux dispositions de leurs textes sacrés qui ne prévoient le divorce que dans deux cas : l’adultère et l’apostasie (le changement de religion). En 1955, le gouvernement égyptien a aboli les tribunaux religieux tout en maintenant l’application des lois religieuses de chaque confession. La situation est donc des plus complexes. En effet, chez les coptes, le divorce peut être obtenu devant les autorités judiciaires du pays mais en n'ayant toutefois aucune valeur pour les autorités religieuses. La conséquence est terrible puisque cela signifie que la personne divorcée ne peut se remarier religieusement car son mariage précédent est toujours considéré comme valide. Or, le mariage civil en Egypte n’existe pas. Autant dire alors que la personne ne peut jamais se remarier. Face à ces difficultés, on a assisté depuis plusieurs années à une recrudescence des conversions de chrétiens égyptiens à l’Islam dans le but de pouvoir divorcer et se remarier.
Un projet de réforme restrictif L’Eglise orthodoxe copte a donc à travers le conseil communautaire de l’Eglise copte décidé la semaine dernière de statuer sur un projet de législation en matière de mariage et de divorce. Cette loi, si elle était adoptée, prévaudrait et s’imposerait aux tribunaux puisque la constitution égyptienne le prévoit. Cette initiative n’est pas une première puisque déjà à deux reprises les trois communautés chrétiennes représentées en Egypte, à savoir les orthodoxes coptes, les catholiques et les protestants avaient essayé de mettre en place une législation unifiée et restrictive en matière de divorce. En vain, Ils se sont heurtés au refus catégorique de l’Etat égyptien. Cette nouvelle tentative ne fait cependant pas l’unanimité. Les uns à l’instar des représentants de l’Eglise catholique n’y voient qu’une entreprise interne à l’Eglise copte. Les autorités protestantes et les laïcs, quant à eux, la considèrent trop restrictive et plaident pour l’introduction de souplesses dans l’interprétation des textes ayant trait au divorce. L’Etat égyptien aurait, pour sa part, officieusement accepté cette initiative qui restreindrait les cas de divorce aux deux possibilités évoquées auparavant. Stéphanie SALHA. (www.lepetitjournal.com - Le Caire-Alexandrie) mardi 17 juin 2008 |