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Non, la Francophonie n’est pas morte, elle est seulement très fatiguée. Dans un rapport dévoilé mercredi, Hervé Bourges rassure les Francophiles. Il a décrypté les problèmes en 80 pages et propose des solutions, "pour une renaissance de la Francophonie" Hervé Bourges était chargé par le secrétariat d’Etat français à la coopération et à la Francophonie, de rendre un rapport pour trouver les moyens de restaurer la Francophonie. C’est désormais chose faite. En 80 pages, l’homme de média français n’est pas tendre avec la Francophonie et en dresse un portrait plutôt morose. En premier lieu, il explique qu’elle souffre d’un manque de visibilité, notamment en France. Les Français sont en effet très peu soucieux de ce concept qui manque d’impact dans leur quotidien. Autre constat, la Francophonie aurait la réputation d’être inefficace. Le manque de confiance du public dans ses institutions freine quelque peu ses actions. Et la rend impopulaire. En outre, la Francophonie subit de plein fouet l’antagonisme anglais/français. Car entre les deux langues, c’est à celle qui s’imposera le plus dans le monde. A ce petit jeu, force est de constater que l’anglais est le grand gagnant ! Un plan d’attaque en seize mesures Hervé Bourges l’a bien compris : la meilleure défense c’est encore l’attaque. Il propose donc à Alain Joyandet, secrétaire d’Etat français chargé de la coopération et de la Francophonie, de se retrousser les manches. Au programme : la création d’une nouvelle manifestation culturelle, l’inscription d’Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor au Panthéon ou la mise en place d’un programme type Erasmus à l’échelle de la Francophonie. Plus politique, le rapport suggère la création d’un visa francophone, de la tenue des Etats Généraux francophones ou encore la défense des Droits de l’Homme et de la Presse (francophones ?). Le rapport n’omet pas d’évoquer le côté financier de la Francophonie. Actuellement, la France finance à 50% ses institutions. Hervé Bourges souhaite faire payer tous les pays concernés afin de leur faire bénéficier d’une plus grande influence dans l’organisation, mais également pour enlever un poids financier trop important à l’Hexagone. Avec ces 16 mesures, l’offensive serait opérationnelle. La Francophonie pourrait alors devenir plus moderne et, surtout, selon Hervé Bourges, oublier sa culpabilité post-coloniale. Un point sur lequel les Etats francophones du Sud risquent de ne pas être d’accord. Adeline BOURG. (www.lepetitjournal.com) vendredi 6 juin 2008 En savoir plus : Le Point - Un rapport veut "décomplexer la francophonie" Afrik - Hervè Bourges dépoussière la Francophonie
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