|
Gaël Monfils a obtenu sa qualification pour le dernier carré des Internationaux de France en battant David Ferrer (6-3, 3-6, 6-3, 6-1). Un exploit qu’aucun joueur français n’avait réalisé depuis Sébastien Grosjean en 2001. La "Monf" s’attaquera au n°1 mondial en demi-finale Monfils peut exulter : lui qui était au fond du trou il y a quelques semaines se retrouve en demi-finale à Roland Garros (photo AFP)
Personne ne pouvait prédire cela. Pas même Thierry Champion. Surtout pas Thierry Champion son entraîneur qui sait à quel point Gaël Monfils peut être imprévisible. Et pourtant, il l’a fait. La "Monf" a gagné son billet pour les demi-finales de Roland Garros sur le terrain en obtenant la plus belle victoire de sa carrière sur le n°5 mondial, David Ferrer. Quatre sets de tension pour les spectateurs du court Philippe Chatrier qui ont chaviré de bonheur aux alentours de 19h30 quand l’Espagnol a envoyé un dernier revers dans le filet. On n’avait pas vu ça sur le central de Roland Garros depuis la victoire de Sébastien Grosjean sur André Agassi en 2001 au même stade de la compétition. Arrivé Porte d’Auteuil dans ses petits souliers après une année sans résultat, le Parisien a déjoué tous les pronostics. Mais où est donc apparu le déclic lui demandèrent les journalistes interloqués en conférence de presse ? "A Valence, répondit Monfils. Avec Thierry (Ndlr : Champion son coach), nous nous sommes embrouillés là-bas et nous avons eu une longue discussion qui a été très profitable. J’ai senti après cela que mon jeu revenait." Coïncidence ou pas, il se trouve que Valence est la ville natale de David Ferrer et que l’Espagnol a remporté ce tournoi cette année. Monfils, le roi de l’embrouille Mais hier, pas d’embrouille. C’est le Valencien qui a été victime des embrouilles de la "Monf", incapable de résoudre l’équation proposée par le Français. Alors qu’on pourrait croire que cette victoire suffirait à son bonheur, Gaël Monfils confiait ne pas vouloir s’arrêter là. Celui qu’on disait puéril a fait preuve d’une étonnante lucidité. Pas question de s’enflammer : "L’objectif n’est pas atteint, confiait le 59eme joueur mondial. Je suis très content d’avoir gagné mais ce n’est pas l’objectif principal. Le prochain objectif, c’est de battre le n°1 mondial." Car c’est bien une montagne à laquelle le sociétaire du Team Lagardère va devoir s’attaquer vendredi. Pour sa première demi-finale en Grand Chelem, il sera opposé à Roger Federer. Un défi qui ne l’effraie pas plus que cela. "Ça va être un gros match mais ce n’est pas l’apothéose, ce n’est qu’une demie. Ce sera très dur mais on est près de l’objectif." Reste donc à rejoindre Henri Leconte, dernier Français finaliste à Roland Garros en 1988, avant, qui sait, de s’attaquer à un autre Bleu mémorable : Yannick Noah, vainqueur en 1983. Rino MONFLIER. (www.lepetitjournal.com) jeudi 5 juin 2008
|