| Ecrit par Marie Malzac,
le 04-06-2008 00:02
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Depuis décembre, Naples est sur le devant de la scène médiatique nationale et internationale. Le problème des déchets a atteint des sommets. Silvio Berlusconi a promis de mettre un terme à ce chaos vieux de 14 ans. Mais ses solutions provoquent des oppositions Naples sous les déchets, début 2008 (Photo AFP)
Chaque nuit, la région s'enflamme d'incendies provoqués par des habitants, exaspérés. Des milliers de tonnes de déchets jonchent encore les rues de la banlieue napolitaine et des communes de Campanie. Les scènes apocalyptiques, relayées par les médias, ont transformé la ville en zone rouge. Difficile d'établir des responsabilités dans une région rongée par la mafia locale, la Camorra. Celle-ci s'est emparée du business des ordures. A des tarifs intéressants, elle s'occupait certes des poubelles de la région, mais sur le court terme, car sans aucun investissement en incinérateurs ou autres structures. La saturation était donc forcément chronique. De plus, la mafia proposait par exemple de débarasser les industriels de toute l'Italie de leurs déchets toxiques à bas coût, ensuite enfouis en Campanie, sans précautions environnementales, exposant les habitants à un risque sanitaire élevé. Après des années de plans en vain et 2,5 milliards d'euros investis en 14 ans (de quoi payer une quinzaine d'incinérateurs, selon les chiffres publiés par l'hebdomadaire Le Point), il Cavaliere, comme il s'y était engagé durant la campagne, a choisi d'appliquer une ligne dure en résistant notamment aux habitants qui s'opposent à l'ouverture de nouvelles décharges (avec incinérateurs) pour des raisons environnementales, menaçant par exemple d'envoyer en prison les résistants. Car elles sont, selon lui, indispensables au désengorgement de la région. Des solutions qui divisent Outre les émeutes locales contre l'ouverture de décharges, le nouveau gouvernement doit faire face à des difficultés d'ordre judiciaire. La semaine dernière, 25 personnes ont été arrêtées dans le cadre d'une enquête sur la mauvaise gestion des ordures ces dernières années (sous divers chefs d'accusation, allant de l'usage public de faux au trafic illégal de déchets). Parmi ces personnes, figurent plusieurs membres du Comissariato per l'emergenza in Campania*, jetant par conséquent le discrédit sur l'organe institutionnel chargé d'assainir Naples et sa région. "L' urgence ne peut légitimer l'illégalité" ont déclaré les magistrats. Mais ce n'est pas tout : 75 magistrats ont fait parvenir au Conseil National de la Magistrature un document soulignant l'inconstitutionalité de certains éléments du décret voté par le gouvernement pour mettre un terme à la crise. Le point le plus contesté est celui de la création d'un tribunal ad hoc à Naples consacré aux enquêtes liées aux déchets. Cette perte de pouvoir provoque l'hostilité des juges locaux. Le ministre de la Justice, Angelino Alfano, a expliqué que la mesure servait à éviter les pressions territoriales dont pourraient être victimes les magistrats. A la suite de cela, Silvio Berlusconi a annoncé qu'il modifierait certains points du décret. Marie MALZAC. (www.lepetitjournal.com - Milan - Rome) mercredi 4 juin 2008 *Comissariato per l'emergenza in Campania = Comité pour l'urgence en Campanie, créé en1994, date à laquelle la Campanie a été déclarée "région d'urgence déchets", ses membres ont changé de nombreuses fois. 
Avec les déchets, difficile d'attirer encore les touristes! Claudio Velardi, assesseur au tourisme de la Campanie, a lancé une campagne de publicité pour tenter de redonner une image décente à la région. De belles photos, emblématiques de la ville mais un peu "clichées", du Christ voilé à la baie de Naples, assorties du slogan "Guarda che cosa butti se non vieni a Napoli. Monezza a chi?" * ont été diffusées dans le nord de l'Italie et à l'étranger. Mais cela suffira-t il à faire revenir les touristes ?
* Guarda che cosa butti se non vieni a Napoli... Monnezza a chi?" = Regarde ce que tu perds (littéralement : jettes) si tu ne viens pas à Naples... Ce déchet est pour qui?
Autre article et témoignage sur le sujet : NAPLES - Tant de déchets, comment est-ce possible? 11/01/08 TÉMOIGNAGE - Sandrina à Naples, au milieu des poubelles 21/01/08
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