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EXPAT - Une sénatrice à la rencontre des Français d'Argentine |
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mercredi 04 juin 2008 |
Monique Cerisier Ben Guiga est l'une des 12 sénateurs représentant les Français établis hors de France depuis bientôt deux mandats. Elle était la semaine dernière à Buenos Aires et Le Petit Journal.com a profité d'une rencontre organisée par l'ADFE pour la rencontrer. Pauvreté et éducation étaient au coeur de la discussion
(Photo LPJ)
Le Petit Journal.com : Pourquoi vous êtes-vous intéressée à la communauté française de Buenos Aires ? Monique Cerisier Ben Guiga : Je m'étais déjà penchée sur la communauté française de Buenos Aires lors de la rédaction de mon rapport sur la pauvreté de la communauté française à l’étranger, en 1999. J'avais alors étudié cinq situations : l'Italie, la Côte d'Ivoire, New-York, Madagascar et l'Argentine. Au total, le gouvernement aide 40.000 Français sur les deux millions recensés à l’étranger. C'est dérisoire si l'on compare ces chiffres à un département français... En général, les Français de l'étranger forment une communauté très dynamique. Néanmoins des situations de pauvreté existent, notamment en Argentine.
Est-il exact que la communauté française d'Argentine est l'une des communautés les plus utilisatrices d'aide sociale ? Tout à fait. La communauté française d'Argentine est une communauté établie de longue date. Lorsque j'ai enquêté en 1999, la crise déjà forte avait provoqué une dégradation des conditions de vie de ces Français. Les crises successives ont éprouvé une communauté française qui disposait, à son arrivée, de biens et de propriétés éparpillés au fil des décades. Près de 15.000 Français sont inscrits au consulat ; les trois-quarts de ces Français sont aussi Argentins. Les Français s'intègrent très vite ici.
Quels sont les autres soucis que peuvent rencontrer les Français d'Argentine ? Ils peuvent se heurter à des problèmes administratifs, par exemple pour maintenir leur nationalité française. Les consulats recrutent parfois du personnel ne parlant pas l'espagnol. Cela engendre des difficultés supplémentaires auprès des nationaux ayant perdu leur maîtrise de la langue française. Au niveau scolaire, peu d'élèves peuvent intégrer l'école française. On peut se contenter de cet état de fait ou se demander comment le faire évoluer.
Sur le sujet de l'éducation, le président du comité des parents d'élèves du lycée Mermoz dénonçait les conséquences négatives de la mesure instaurant la gratuité des études pour les terminales, premières et secondes. Partagez-vous ce constat ? Pour moi le lycée français doit avoir deux fonctions tout aussi importantes. Assurer la continuité de l'enseignement français aux Français et accueillir et éduquer les élèves étrangers. En moyenne dans le monde, nous avons calculé que ces mesures de gratuité entraîneront 10% d'augmentation des droits de scolarité pour tous les autres. Finalement la gratuité est une mesure négative : il faut s'interroger sur comment rendre les établissements financièrement accessibles.
Toujours sur l'éducation, le jeune président de l'association Terre de Talents, pointait le manque d'articulation entre les lycées français de l'étranger et le système universitaire, en regrettant ne pas retrouver plus d'élèves diplômés d'un baccalauréat français sur les bancs des facultés. Quelle est votre opinion sur ce sujet ? Le système universitaire est le parent pauvre de l'éducation française. Un jeune loin de son pays d’origine peut se retrouver dans une cité universitaire dégradée, où il est entassé dans un amphi, sans encadrement ni tutorat. Il est plus judicieux de réaliser une partie de ses études universitaires localement pour ensuite intégrer un Master ou un Doctorat en France. Propos recueillis par Caroline BÉHAGUE. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mercredi 4 juin 2008 |