| Ecrit par Sébastien Vannier,
le 03-06-2008 00:00
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A près d’un an de l’élection, la course à la présidentielle vient d’être lancée en Allemagne. Contrairement à son homologue français, les pouvoirs du président allemand sont très limités. Pourtant cette élection est déjà la scène de nombreuses stratégies politiques Bellevue, un enjeu. Château de Bellevue à Berlin, siège de la Présidence de la République fédérale d'Allemagne (photo. S. Vannier)
Horst Köhler contre Gesine Schwan. L’un puis l’autre viennent d’annoncer leur candidature à la présidence de la République allemande. Une longue campagne se prépare donc alors que ce poste est surtout représentatif. Mais elle servira de galop d’essai pour la confrontation des blocs politiques. "Horst… wer ?" (Horst, qui ça ?). Une fois n’est pas coutume, le quotidien à sensation Bild avait mis le doigt sur une des spécificités du système politique allemand. En 2004, Horst Köhler, alors encore simple candidat à la présidence de la République, plus haut poste selon le protocole, était encore un inconnu du grand public. En Allemagne en effet, échaudé par les leçons du passé, la fonction de président de la République a perdu énormément de pouvoir par rapport à la République de Weimar. Aujourd’hui ses fonctions sont principalement représentatives et ses pouvoirs de nomination du chancelier ou de dissolution du Bundestag sont surtout formels. La liste des présidents de la République allemands, de Theodor Heuss à Johannes Rau en passant par Roman Herzog, est loin d’atteindre en notoriété celle des chanceliers fédéraux.
La Bavière fera pencher la balance Pourtant depuis son élection en 2004 avec les voix de la CDU, CSU et FDP, Horst Köhler s’est fait un nom et selon le dernier sondage de popularité du magazine Spiegel, il est la personnalité préférée des Allemands, devant Angela Merkel. Venu du monde de la finance, il n’a pas hésité pendant sa législature à s’exprimer sur de nombreux sujets, se plaçant toujours dans la posture du défenseur du peuple allemand. De nouveau soutenu par ces mêmes partis, il a annoncé il y a quelques jours sa candidature pour un deuxième mandat. Le SPD a répondu aussitôt en intronisant, comme en 2004, Gesine Schwan comme candidate. Cette politologue de métier est actuellement présidente de l’université Viadrina de Francfort/Oder. Selon les décomptes actuels, Horst Köhler bénéficierait d’une courte majorité au sein de l’assemblée fédérale, organe qui élit le président. Celle-ci est composée des députés du Bundestag et d’un nombre équivalent de représentants des Länder. Mais cet avantage pourrait basculer avec les prochaines élections régionales de Bavière. Gesine Schwan devra alors, pour espérer l’emporter, réunir les voix des Verts et de Die Linke. L’hypothèse de cette coalition alimente une nouvelle fois le débat sur le rapprochement controversé entre SPD et Die Linke. Cette campagne présidentielle est donc, pour chaque parti, l’occasion de fourbir ses armes politiques dans l’optique des élections parlementaires de l’automne 2009. Sébastien VANNIER. (www.lepetitjournal.com/berlin.html) mardi 3 juin 2008
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