| Ecrit par SANTIAGO,
le 13-06-2008 00:00
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Chaque vendredi, avec le réseau des Centres culturels Alliance française du Chili, nous découvrons une expression française, cette fois nous vous invitons à un Inventaire curieux des choses de la France (Plon), du fameux spectateur des moeurs françaises, Alain Schifres*. Dans ce chapitre l'auteur s'étonne : " les Français, pourtant connus pour avoir leurs habitudes, changent de vie comme de chemise"
Il faut faire autrement. "Le nouveau credo? Bouger Autrement!" (un magazine féminin). Pourquoi bouger comme d 'habitude? C'est ridicule. Je vois des gens bouger comme il l'ont toujours fait. Ils ne s'aperçoivent pas qu'on rit dans leur dos. Et il en va ainsi de tout: boire, manger, voyager, enseigner, gouverner, apprendre, aimer, penser, cuisiner les courgettes ou même ne rien faire, faisons-le, mais autrement. Nous ne sommes plus au temps où on ne vivait qu'une fois. En comptant large. La vie conduisait à la mort. Elle ne portait pas l'espoir d'une autre vie. On se mariait, on achetait une chambre à coucher taillée dans le chêne dont on fait les cercueils. Aves des parements de bronze. Un lit à capitons. Des bergères utiles pour les veillées funèbres. On vous enterrait tel un prince barbare avec sa vaisselle d'or: la montre de votre première communion, le costume de vos dimanches, vos bretelles d'apparat, votre cravate bleue à rayures blanches, votre alliance incrustée dans la chair, un soupçon de votre bonne vieille eau de Cologne sur vos tempes froides. Et voilà que tout change, tout se transforme. () Les chats mangent des rognons mitonnés aux ris de veau, et les plus fins gastronomes se régalent de glaces au Malabar. Les fleuristes vendent des sapins de Noël en plumes de coq. Les Bretons fabriquent du parmesan ou élèvent des autruches. (Certains ont délocalisé en Afrique où la main d'oeuvre est pour rien). Le corps lui-même est devenu facultatif. Pour être bien "dans sa peau", "sa tête", "ses baskets" (la plus grande des aspiration moderne semble t-il) on peut changer de peau de tête ou de chaussures de sport. () A partir de là, les Français, de quoi que ce soit, commencèrent à se demander ce qu'il pourrait faire d'autre. Ils prirent le goût de boire du vin de dessert à l'apéritif, et par translation, permutation, déplacement horizontal ou vertical, tout à fini par changer de place. Le pays a glissé sur son aire. Dès les années '80 on se mit à ouvrir des nights-clubs qui ressemblaient à des restaurants, qui ressemblaient à des salons de coiffure, qui ressemblaient à des boutiques de mode, qui ressemblaient à des entrepôts. Aujourd'hui, on va à la plage à Paris et à l'usine à la campagne. Les acteurs chantent, les chanteurs jouent. Les comédiens font de la politique. Les politiciens du music-hall. Les charcutiers vendent du poisson. Les bouchers du saucisson. Aussi, étonnez vous de voir, dans un bistrot à la mode, une dîneuse à califourchon, la tête dans ses bras, sur un espèce de prie-Dieu et se faisant masser le cou. Question: pourquoi vous faites vous masser au restaurant? Réponse: pourquoi pas? Telle est la façon de répondre autrement. Ne plus se demander le pourquoi. Mais le pourquoi pas. Vivre autrement, c'est être ou faire deux choses à la fois. Etre bourgeois et bohème, ou encore bouger assis. Il suffit de contracter les fesses. (www.lepetitjournal.com Santiago) vendredi 13 juin 2008 Au Chili, le nouveau réseau des Alliances françaises c’est à Arica, Antofagasta, La Serena, Viña del Mar, Chillan, Concepcion, Temuco, Valdivia, Osorno et Coyhaique. Rendez-vous sur : www.alliancesfrancaises.net
*Où acheter ce livre à Santiago?
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