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Le deuxième tome du manuel Histoire/Geschichte vient de paraitre. Douze auteurs y cherchent une vision commune de l´Histoire, au-delà du passé tumultueux du couple franco-allemand Le second tome du manuel d'histoire franco-allemand est vu comme un précédent intéressant pour d'autres anciens "frères ennemis"
Apprendre l´Histoire avec le même livre des deux cotés du Rhin : ce qui aurait été inconcevable il y a un siècle est devenu une réalité avec la parution en 2006 du premier tome du manuel franco-allemand d´histoire. Le deuxième tome, destiné aux classes de première, vient de paraître. Du congrès de Vienne à 1945, l´ouvrage ne renferme pas moins de trois guerres opposant Français et Allemands.
Pas de thérapie de groupe Pour le coéditeur français Guillaume Le Quintrec, il ne s´agit pourtant "ni d´une thérapie de groupe, ni d´une psychanalyse binationale". Depuis la sortie du premier tome en 2006, ce dernier joue les VRP de luxe pour cette "opération de prestige", menée par les éditeurs Nathan en France et Klett en Allemagne. 40.000 exemplaires du premier tome ont été vendus dans l´Hexagone, 30.000 de l´autre coté du Rhin. L´ouvrage est principalement utilisé dans les classes Abibac, européennes ou bilingues. Le contenu s´adapte pourtant aux programmes en vigueur dans tous les lycées français. Coté allemand, les différents Länder ont dû au préalable tenter d´harmoniser leurs programmes scolaires. A Hambourg et dans le Schleswig-Holstein par exemple, les professeurs préfèrent approfondir certains thèmes plutôt que de traiter globalement une période comme le font leurs collègues français.
Question de méthode L´idée d´un manuel commun aurait émergé en 2003, lors du Parlement Franco-allemand des Jeunes. 500 lycéens y étaient réunis pour les 40 ans du Traité de l´Elysée, qui posait en 1963 les bases de l´amitié franco-allemande. Le tandem Chirac-Schröder serait alors entré en scène pour permettre la réalisation de l´idée. Le pari n´était pourtant pas gagné d´avance. Français et Allemands n´ont pas la même manière d´enseigner l´Histoire. Au pays des Grandes Ecoles, les élèves se frottent dès le lycée aux dissertations, rebaptisées "compositions" d´histoire. De leur coté, les élèves allemands sont incités à débattre et à prendre position à partir de textes d´historiens. Autre détail de poids, ce qui apparait au public français comme de l´intégrisme en matière de bibliographie et de notes de bas de page est pour les voisins allemands un élément indispensable dans un ouvrage sérieux.
Un ouvrage trop pro-européen ? Sur le fond aussi, la "french german touch" apporte de nouveaux éclairages. Les Français, héritiers d´un empire colonial, ont une vision plus mondiale qu´européenne de certains évènements. Les Allemands, eux, apportent plus d´attention aux pays de l´Est ex-communistes et ont une vision plus pro-américaine que les Français. Et si le manuel a été volontiers critiqué comme trop pro-européen ou trop axé franco-allemand, il ne manque pas de susciter l´intérêt auprès d´autres couples de "frères ennemis" en ex-Yougoslavie ou entre la Chine, la Corée et le Japon. Plus qu´une "juxtaposition" de travaux d´historiens, les auteurs du livre ont travaillé à une "vision commune" en s´apportant mutuellement des "plus values franco-allemandes", comme ne manque pas de le rappeler Guillaume Le Quintrec. La sortie du prochain tome, qui couvrira la période de l´Antiquité à Napoléon, est prévue en 2009. Margot REIS (www.lepetitjournal.com/hambourg.html) lundi 2 juin 2008 |