| Ecrit par Jean-Pierre Sovannavong,
le 28-05-2008 00:00
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Alors que l'opposition a finalement échoué à présenter des listes uniques, Hun Sen et son PPC pourraient, en cas de victoire, gouverner seul à l’exclusion de toute coalition. Une hypothèse rejetée jusqu’à présent par les observateurs mais que les dernières déclarations du Premier ministre rendent plausible Le Premier ministre et vice-président du PPC a jeté un pavé dans la mare dans un long discours le week-end dernier. Alors que les observateurs politiques s’interrogeaient quant à la composition de la prochaine coalition gouvernementale -FUN, PSR ou PDH ? - Hun Sen a clairement laissé entendre que si son parti emportait la majorité des suffrages, l’actuelle coalition ne serait pas renouvelée. Si le Funcinpec - actuel partenaire du PPC et auquel Hun Sen avait précédemment promis des positions au sein du futur exécutif - est le principal concerné, l’allusion semblait clairement visé Sam Rainsy et ses partisans. "Si A est présent, B sera absent. Si B est présent, alors A sera absent. Si lui est présent, alors Hun Sen sera absent " a répété Hun Sen, fermant définitivement la porte à une coalition PPC-PSR.
Plus de commissions législatives pour l’opposition Hun Sen a en outre, et au cours du même discours, précisé qu’en cas de victoire, aucune commission, "même pas une commission mineure", ne serait présidée par un membre de l’opposition. "Les présidents de commissions se comportent en opposants et ne font en rien progresser le travail législatif" s’est justifié Hun Sen. A l’heure actuelle, plusieurs des 9 commissions que comptent l’Assemblée sont présidées par des députés FUN ou PSR. Le PSR a été le premier à réagir à cette déclaration. Ainsi Yim Sovann, député PSR et président d’une des commissions, a dénoncé "la dérive dictatoriale et non démocratique" du Cambodge. Du côté du parti royaliste, on se montrait plus prosaïque, ainsi un député FUN s'est permis cette pique : "C’est l’arroseur arrosé, Sam Rainsy a, en accord avec le PPC, fait voter la loi passant la majorité des 2/3 aux seuls 51%. Hun Sen n’a désormais plus besoin de nous et a tous les pouvoirs". Avant de conclure : "Sam Rainsy a donné un chèque en blanc à Hun Sen".
Le mercato politique continue Concurrencé politiquement par le PNR et le PDH, Sam Rainsy doit en outre faire face à une véritable hémorragie de ses élus. Le PSR aura ainsi perdu ce week end son 7e député en la personne de Nouth Sovath passé au PPC. Aux critiques l’accusant d’acheter ses "dissidents", Hun Sen a répondu : " Ces députés et responsables politiques ne sont ni des biens ni des boeufs que l’on peut acheter". Le Premier ministre a adressé un conseil au principal dirigeant de l’opposition : "Au lieu de nous accuser d’acheter telle ou telle personnalité, ce qui est insultant pour nous mais aussi pour la personnalité en question, Sam Rainsy ferait mieux de s’interroger sur les motifs de ces défections". Elle est tendue, mais la campagne électorale est bel et bien lancée. Jean-Pierre SOVANNAVONG. (www.lepetitjournal.com - Cambodge) mercredi 28 mai 2008
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