Écrit par Soreasmey Ke Bin
Charles-Philippe d’Orléans, Duc d’Anjou, a effectué il y a quelques jours une mission humanitaire au Cambodge. Le prince aura ainsi pu mieux apprécier la réalité d’un Cambodge pour lequel il souhaite "s’engager ". Rencontre avec un prince de son temps
Le prince et sa fiancée, la duchesse de Cadaval, accompagnés d’une délégation de l’Ordre Militaire et Hospitalier de Saint Lazare, seront restés dix jours au Cambodge. Un séjour qu’ils auront mis à profit pour suivre les médecins de HAMAP Santé dans leurs tournées sanitaires auprès des villages flottants de Prek Toal, rencontrer les démineurs de la CMAC et du HALO Trust, et enfin visiter les structures d’accueil de
Pour un Sourire d’Enfant. Autant d’initiatives que le prince soutient, matériellement et financièrement.
LPJ : Monseigneur, quelles impressions retirez-vous de cette première mission au Cambodge ? Charles-Philippe d’Orléans : Nous avons découvert un pays merveilleux, très riche en culture. Mais aussi un peuple qui a souffert comme nous pouvons difficilement l’imaginer. La pauvreté est présente partout, cela est marquant. Par ailleurs nous voyons bien que le potentiel de développement du pays existe, la question est maintenant de savoir si le pays va savoir utiliser tout ce potentiel et si la population va pouvoir en profiter.
Moment fort de votre visite, quel souvenir garderez-vous de votre audience au Palais Royal ? Sa Majesté le Roi m’a beaucoup impressionné, tant par sa sagesse que par sa présence. Nous avons essentiellement parlé de notre mission, de ce que nous avons fait et surtout de ce que nous pouvons faire de plus. SM le Roi fait beaucoup pour son peuple et je serai heureux et honoré de pouvoir l’aider dans cette noble cause. Nous avons bien évidemment parlé de la francophonie, sujet qui me tient à coeur et des liens existants entre la France et le Cambodge. Du temps de mes grands parents, la Famille de France a été proche de la Famille royale du Cambodge. Ces deux familles ont vécu la tragédie de la Loi d’exil.
Le Cambodge a renoué avec la Monarchie en 1993 après plusieurs décennies de guerre civile. Au 21e siècle, la Monarchie a-t-elle encore un avenir ? La Monarchie a certainement un grand avenir devant elle, dans sa forme parlementaire et démocratique. Au 21e siècle plus que jamais les hommes et femmes de ce monde ont besoin de repères. Famille, patriotisme, service, honneur, toutes ces valeurs perdues au profit de l’individualisme, du matérialisme et de l’instantanéité. Le Monarque est un symbole qui grâce au passé, dans le présent, peut construire l’avenir. Les gens se retrouvent en leur Monarque, qui, quoiqu’il arrive, luttera pour le bien de son peuple et de son pays. C’est un engagement que l’on n’est pas certain de retrouver dans la classe politique dès lors que leur carrière est en jeu.
Votre cousin le prince Jean et son association "Gens de France", vous-même avec l’Ordre de Saint Lazare, les Princes de la Maison de France sont-ils de retour sur le devant de la scène ? La Famille de France n’a jamais quitté la scène. Elle a toujours été présente lorsqu’il fallait se battre pour de nobles causes. Des Princes de France, bien qu’exilés, se sont engagés dans la Légion étrangère lors de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont servi la France même quand le gouvernement ne voulait pas d’eux. Un oncle est mort au service de la France en Algérie. Personnellement j’ai servi la France pendant neuf années en tant qu’officier de l’armée de Terre. J’ai défendu les valeurs de mon pays, le pays des Droits de l’Homme, dans les conflits auxquels la France a participé. Oui les Princes de la Maison de France sont présents, et cela n’est pas nouveau.
Pour conclure, avez vous un message particulier pour les Français qui résident au Cambodge et pour la communauté cambodgienne de France ? Pour les Français expatriés au Cambodge, aimez ce pays comme son Roi aime le nôtre. Nous avons la chance d’être français, soyons en fiers et devenons les ambassadeurs exemplaires de notre pays. Vous êtes la France dans un pays qui aime la France. Vous avez de la chance. Pour la communauté cambodgienne en France, je vous admire. Vous avez vécu des souffrances que nul ne souhaiterait vivre. Votre pays est maintenant en plein essor. Certes tout n’est pas parfait mais vous avez entre vos mains votre avenir. Il n’y a pas de plus beau combat que celui mené pour l’avenir de son pays et de son peuple. De France ou d’ailleurs, faites en sorte que le Cambodge resplendisse à nouveau de ses plus belles étoiles.
Propos reccueillis par Soreasmey KE BIN. (www.lepetitjournal.com - Cambodge) mardi 27 mai 2008Pour plus d’information : Le Duc d’Anjou
Le prince Charles-Philippe, duc d’Anjou, est fils du prince et de la princesse Michel de France, comte et comtesse d’Evreux et neveu de Monseigneur le comte de Paris, duc de France, Chef de la Maison royale de France. Ancien membre du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies, il a servi une décennie durant comme Officier dans l’Armée française. Il est élu Grand Maître de l’Ordre Militaire et Hospitalier de Saint Lazare de Jérusalem le 11 septembre 2004 au château royal de Blois. www.ducdanjou.com
L’Ordre Militaire et Hospitalier de Saint Lazare
L'Ordre militaire et hospitalier de Saint Lazare de Jérusalem est l'une des plus anciennes institutions de la chrétienté. Présent en Terre Sainte dès le onzième siècle, cet ordre puise ses origines dans la tradition religieuse, hospitalière et militaire ainsi que dans celle de la chevalerie et de la noblesse. L'Ordre militaire et hospitalier de Saint Lazare de Jérusalem a la particularité d’être le seul ordre oecuménique. Il accepte donc des membres des différentes religions chrétiennes: catholiques, protestants, orthodoxes et Anglicans. www.oslj.org