| Ecrit par Stéphanie Pichon,
le 26-05-2008 00:00
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Quel rapport y a t-il entre Napoléon, Jamiroquaï, un adolescent mal dégrossi de l’Idaho, la danse contemporaine berlinoise et le Post Theater new-yorkais ? Réponse : un spectacle, entre danse performance et théâtre, joué tous les lundis dans une salle alternative de Berlin, le Dock 11. "Jusqu’à ce que tout le monde l’ait vu », précise le tract
Tout est parti du film Napoleon Dynamite. Culte aux Etats-Unis, jamais sorti en France ni en Allemagne, ce film au budget minimal suit les errements d’un anti-héros boutonneux de 14 ans dans son collège. La scène la plus célèbre (regardée par plus de 10 millions de spectateurs sur Youtube) montre Napoleon - c’est comme ça qu’il s’appelle - dans un solo de danse impayable sur un tube de Jamiroquai lors d’élections du collège. "Quand nous avons décidé de lancer un concours sur la danse de Napoleon Dynamite certains nous ont dit que c’était ridicule d’autres ont applaudi en disant que c’était ça, l’essence de la danse", commente le présentateur de la soirée, l’excellent Robert Wolfram de la compagnie Post Theater. "Nous avons vu des dizaines de candidats, parfois 16 heures par jour. Nous en avons sélectionné cinq. Ce soir le gagnant remportera le montant de la recette… Lui pourra faire carrière, pour les autres, c’est raté." Le choix crucial est entre les mains du public qui vote à la fin.
Compétition fictive Bien évidemment tout cela est faux. Mais l’enrobage pastiche donne à cette performance tout son charme. En pleine époque de "compétition-starisation-youtubisation", Napoleon D. nous permet de regarder toute cette agitation internaute avec recul et humour. Avec chacune des interprétations très personnelles - et très éloignées du modèle initial, six chorégraphes contemporains installés à Berlin revisitent ce solo. Christof Schwaan semble pris dans un jeu vidéo, son corps tourne saute, s’écrase, sa main en forme de pistolet tire sur les autres, vise sa propre tempe, le danseur s’épuise dans un univers noir et blanc irréel. Bicorne et collants de danse Pour le danseur français Florian Bilbao, le chorégraphe berlinois Christof Wickler a pris au pied de la lettre l’étrange nom de l’ado américain. Bicorne ridicule, collants de danse blanc trop petits, le danseur bavard dicte sa chorégraphie au présentateur gentiment consentant, rempli d’excitation et de fierté nationale - le public a eu droit à ses fanions tricolores. Le tour de danse se termine par l’incroyable performance de Nir de Volff, chorégraphe et danseur israélien. L’homme qui s’avance, est à lui seul tous les personnages de la famille, mi-homme, mi-femme. Il raconte en anglais mâtiné d’allemand le traumatisme de sa bar mitzvah, la course aux bonbons, les chansons à connaître par cœur, la fierté des parents, la gêne de l’adolescent qui ramasse les bonbons avec ses doigts de pieds. Napoleon D. aurait dû s’arrêter mi-mai. Des représentations ont été ajoutées jusqu’à la fin du mois du juin. Jusqu’à ce que tout le monde l’ait vu, vous a-t-on dit ! Stéphanie PICHON. (www.lepetitjournal.com/berlin.html) lundi 26 mai 2008
Napoleon D. par le Post Theater, tous les lundis à 20h30, Dock 11, Berlin, jusqu’à ce que plus personne ne se présente. 10 euros. www.dock11-berlin.de Il est également possible de voter pour les "clips" des chorégraphes sur internet : www.posttheater.com/napoleonD Pour ceux qui ne connaissent pas la scène originale : www.youtube.com/watch?v=uIf8y0h3lH0
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