| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 26-05-2008 00:00
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Dublin accueille 100 pays pour un débat passionné autour des bombes à sous-munitions. Sous l’égide de l’ONU, cette conférence pourrait mener à leur interdiction mondiale. Mais elle brille par l’absence des principaux concernés : Etats-Unis, Chine et Russie Un membre d'Handicap International procède à une opération de déminage au Sénégal. 98 % des victimes des BASM sont des civils (photo AFP)
Aucune arme n’atteigne le macabre résultat des bombes à sous-munitions (BASM). Ces armes à fragmentation sont capables de projeter 650 mini-bombes sur de vastes étendues. Beaucoup n’explosent pas sur le coup, créant de véritables champs de mines qui font 15.000 à 20.000 victimes par an, principalement au Laos, Vietnam et Afghanistan. L’ONU a initié un processus d’interdiction des BASM, lors d’une déclaration commune de 46 pays à Oslo, en février 2007. Depuis une semaine et jusqu’à vendredi, une conférence se tient à Dublin, sous l’égide de l’ONU, pour finaliser un texte. Il doit proscrire l'usage, la production et le commerce des BASM, et établir un planning de destruction des stocks d’ici à 6 ans. Le document final sera soumis à signature les 2 et 3 décembre à Oslo Cent pays, ainsi que 250 ONG se sont donnés rendez-vous dans la capitale irlandaise. Les absents font beaucoup plus parler d’eux. Pas de bombes, pas d’humanitaire Dans la liste des absents se trouvent l’Inde, le Pakistan, Israël, la Chine, la Russie et les Etats-Unis. La disparition des BASM représenterait un important manque à gagner pour ces puissants vendeurs d’armes. Selon Handicap International, 77 Etats stockent plusieurs milliards de ces engins. Les Etats-Unis en détiendraient à eux seuls 700 à 800 millions. L’oncle Sam s’est donc montré très critique à l’égard du projet de l’ONU. Bien qu’il ne s’en soit pas servi depuis 2003, en Irak, l’état-major américain a défendu la nécessité des BASM, pour enrayer une invasion militaire notamment. Plutôt que de les interdire, il a proposé de les équiper d’un mécanisme les rendant inoffensives passé un délai. Au-delà de ces considérations techniques, les Etats-Unis ont mis en garde les conférenciers. Une interdiction des BASM remettrait en cause leur participation à des opérations de coopération militaire et humanitaire, puisque la plupart des unités américaines en possèdent dans leurs stocks. Les victimes du séisme en Chine et du cyclone en Birmanie apprécieront d’avoir leur sort suspendu à pareil cynisme. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com - Dublin) lundi 26 mai 2008
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