Le dernier film de Lucrecia Martel, La Mujer Sin Cabeza - La femme sans tête, semble avoir ennuyé la Croisette. Réactions sur le vif

Mercredi soir, le dernier film de Lucrecia Martel, La Mujer Sin Cabeza, était projeté à Cannes. Après le succès international de son long-métrage La Cienaga en 2001 (Le Marécage), la réalisatrice a dû faire face à un public très critique. Ainsi les journalistes français et internationaux présents à Cannes ont regretté la lenteur du film et critiqué la légèreté du scénario. Le film ne repose que sur des choix de réalisation qui, à la longue, se révèlent répétitifs et ennuyeux (utilisation de flous, personnages coupés à l’écran…). Certains ont poussé la critique jusqu’à qualifier La mujer Sin Cabeza du pire film diffusé sur la Croisette. Séduit par la Ciénaga (couronné meilleur premier film au Festival de Berlin), attentif après la Niña Santa, le public n’a pas, cette fois, été séduit par l’univers développé par cette cinéaste, plus portée par l’enregistrement du réel et du quotidien que par le jeu du scénario ficelé.
Atmosphère mystérieuse et enlisante Néanmoins à 41 ans Lucrecia Martel reste l’un des plus grands talents du cinéma argentin : “Je ne sais pas pourquoi ils m'ont choisie” expliquait-elle à un journal national en se référant à sa deuxième sélection à Cannes après la Niña Santa en 2004. Ses films, sont pour la majorité, une réflexion sur la psychologie des personnages. La réalisatrice ne dit pas tout, elle suggère. Lucrecia, originaire de Salta, aime le mystère, laissant une grande liberté d'interprétation au public, ou d’incompréhension. La Mujer Sin Cabeza est un thriller psychologique, coproduit avec les célèbres frères Almodóvar, qui raconte les mésaventures et l’évolution de Veronica. Elle est au volant de sa voiture quand, dans un moment de distraction, elle heurte quelque chose. Les jours suivants, elle semble disparaître, doucement étrangère aux choses et aux personnes qui l’entourent. Subitement, elle avoue à son mari qu'elle a tué quelqu'un sur la route. Ils retournent ensemble sur les lieux de l’accident mais n’y découvrent que le cadavre d’un chien. Alors que ce mauvais épisode paraît clos et que la vie reprend son cours, un cadavre est découvert... La réalisatrice a déjà parcouru du chemin et ne compte pas s'arrêter là. Elle a confié a l'AFP qu'elle avançait l'adaptation de El Eternauta, considérée comme une des meilleures histoires de sciences fictions argentine. Le livre raconte l'histoire d'une invasion d'extraterrestre sur la planète, focalisée sur le massacre d'humains à Buenos Aires. Pour une prochaine à Cannes, avec plus de succès… Karine ROCAMORA. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) vendredi 23 mai 2008
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