| Ecrit par ROME,
le 26-05-2008 00:00
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Prix Goncourt 2004 pour "Sous le Soleil des Scorta", Laurent Gaudé est un romancier et dramaturge prolifique. Présent ce soir au Centre Saint Louis de France, il exposera sa vision de la nouvelle littérature française. Rencontre Laurent Gaudé (© Bruno Nuttens / Actes Sud)
Dominique Fernandez et Tzetvan Todorov ont signé en 2007 deux essais qui fustigent la littérature française. L’essai collectif, Devenirs du roman (auquel a participé Arno Bertina, un des auteurs invités du Centre Saint Louis) ausculte le roman français contemporain. Selon vous, quel est l’avenir du roman français ? Spontanément, je me méfie des anathèmes définitifs. Je ne crois pas du tout à la mort du roman. En France, on ne peut que constater l’énorme diversité de la production. Tout ne peut être mis sous une seule casquette. Nous sommes dans une période de transition. Toute la tradition héritée du nouveau roman arrive en bout de course. Le minimalisme, l’auto fiction, propre au nouveau roman, ne feront pas le roman français dans les cinquante prochaines années. Le retour à la fiction s’opère tout doucement. La France se rapproche de la production romanesque internationale, de la fiction anglo-saxonne. Vous intervenez ce soir sur le thème de la nouvelle littérature française. Comment se caractérise-t-elle ? A l’étranger, je pense qu’il y a un léger malentendu. La littérature française y est encore vue comme hyper intellectuelle, coupée du monde, prétentieuse. On n’a pas encore pris conscience de sa grande diversité. La nouvelle littérature française regarde à nouveau les soubresauts du monde qui l’entoure. Les sujets commencent à changer dans les livres. On parle de pays qui ne sont pas forcément la France. Yasmina Khadra traite de la guerre en Afghanistan, Lyonel Trouillot de soulèvements en Haïti. Les auteurs français s’approprient à nouveau le monde. Aujourd’hui, l’écriture en langue française est colorée, non hexagonale. Des auteurs comme Léonore Miano ou Lyonel Trouillot apportent avec eux leur culture, un certain décalage dû à leur pays d’origine. Ils n’ont pas forcément les mêmes références que les auteurs français. Ca me réjouit! Dans votre roman "Eldorado", le réel et la fiction se mélangent. Pour vous, il semblait important de parler du monde d’aujourd’hui. Est-ce un engagement de votre part ? C’est primordial. Je ne trouve d’intérêt à l’écriture que dans la mesure où cela me permet d’aborder des réalités qui ne sont pas les miennes. Par l’écrit, on peut rentrer en symbiose avec un sujet quand bien même on ne l’a pas vécu soi-même. La migration est un sujet fondamental. Le fossé entre le Nord et le Sud ne cesse de se creuser. En tant que citoyen, ce problème m’intéresse. Aussi, en tant que romancier j’ai eu envie de savoir ce que je pouvais en faire Votre femme est d’origine italienne. Votre désir d’écrire Sous le soleil des Scorta y prend-il sa source ? Ce livre est une déclaration d’amour à une région, à des personnes qui m’ont beaucoup appris. Je trouve les gens là-bas très beau, très déroutant. C’est une manière de faire vivre cette région dans mon travail de romancier car elle est importante chaque jour dans ma vie. L’Italie est pour moi une réelle source d’inspiration. Propos recueillis par Sara FREDAIGUE. (www.lepetitjournal.com - Rome) lundi 26 mai 2008 L’art de raconter, Dominique Fernandez, éd. Grasset, Paris 2007 La littérature en péril, de et Tzetvan Todorov, éd. Flammarion, Paris, 2007 Devenirs du roman, ouvrage collectif, éd. Naïve, Paris, 2007 Lundi 26 mai, au Centre Culturel Saint Louis de France, à 18h, table ronde Propos sur la nouvelle littérature française en présence des trois auteurs et de Gianfranco Rubino - prof. à l’Università La Sapienza Roma. Cette rencontre sera précédée d’une séance de dédicaces à 17h à la Librairie française de Rome. Pour en savoir plus, cliquez ici
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