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SOCIETE - Des prisons qui sentent de plus en plus mauvais |
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| Ecrit par Betty RUBY,
le 09-11-2005 23:00
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L'Observatoire international des prisons est formel : il règne derrière les barreaux une ambiance de grande violence qui fragilise la santé des détenus et place les prisons françaises comme les pires d’Europe
Les conditions de détention en France sont consternantes. (photo AFP)
La manière dont les états se préoccupent du sort de leurs prisonniers illustre assez bien leurs ambitions politiques. Voilà pourquoi il est intéressant de suivre chaque année le rapport de l'Observatoire international des prisons (OIP). À partir d’indicateurs objectifs et quantifiables, il dresse un état des lieux des conditions de détention en France et mesure leur évolution dans le temps. Rendues publiques fin octobre, les observations de l’étude sont consternantes. Les prisons sont des lieux de plus en plus violents où surpopulation, mauvaise santé psychique des détenus et renforcement des mesures de sécurité n’arrangent rien à l’affaire. Par exemple, la maison d'arrêt de Brest recensait 4 rixes entre détenus en 2002 contre 35 en 2003. Cette tension se traduit par des incidents et procédures disciplinaires en hausse de 155 % en cinq ans : 88 incidents collectifs étaient comptabilisés en 2000 contre 225 en 2004. Quel encadrement ? L’OIP explique cette dégradation du climat par un durcissement de la répression disciplinaire qui entraîne aussi de profonds troubles psychiatriques. On se souvient de l'acte de cannibalisme commis en juillet 2004, par un condamné qui a tué un voisin de cellule de la maison centrale de Saint-Maur. Tandis que le Conseil de l’Europe vient de classer nos prisons comme les pires d’Europe –à égalité avec la Moldavie, l’Etat choisit de dépenser son budget sur la sécurisation des lieux plutôt que sur l’amélioration des conditions de vie à l’intérieur. Ainsi, à Varces (Isère) les dépenses en matière de sécurité ont augmenté de 185 % entre 2001 et 2003, tandis que celles consacrées à l'enseignement et à la réinsertion ont baissé de 46,6 %. Alors qu’un amendement du texte sur la récidive demande aux chefs d'établissement de favoriser le travail et la formation des détenus, l'offre de travail s'est réduite de 30 % ces 5 dernières années, et le taux de formation n'a jamais été aussi faible depuis 10 ans. Florence PENSONNI. (LPJ) 10 novembre 2005 Voir aussi Le rapport de l’OIP http://www.oip.org/actualite/actu.htm La marmite carcérale et ses débordements http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-702355,0.html La prison en pleine « folie sécuritaire » http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-10-21/2005-10-21-816406 Le dossier du Nouvel Observateur : Prisons : Pourquoi nous avons honte http://www.nouvelobs.com/dossiers/p2139/index.html
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