| Ecrit par Nicolas Mangin,
le 23-05-2008 01:00
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Le secrétaire général de l’ONU est en visite en Birmanie suite au passage destructeur du cyclone Nargis. Quasiment ignoré par la junte, Ban Ki-moon doit pourtant la convaincre de laisser entrer l’aide humanitaire. 2,4 millions de sinistrés en ont besoin de toute urgence Ces sinistrés attendent de la nourriture à Rangoun. 133.600 personnes sont mortes ou portées disparues (photo AFP)
"Ban Ki-moon, votre mission si vous l’acceptez, est d’effectuer une visite en Birmanie pour venir en aide aux 2,4 millions de sinistrés suite au passage du cyclone Nargis." Ca sonne comme un générique très connu, mais c’est bel et bien le contexte tendu et exceptionnel dans lequel se trouve le diplomate sud-coréen depuis hier. Une visite d’un secrétaire général de l’ONU dans ce pays verrouillé par la dictature ne s’était en effet plus produite depuis 1964. Le régime en place ne lui rend pas les choses faciles depuis son arrivée. Hier Ban Ki-moon a eu droit à un entretien d’à peine vingt minutes avec le Premier ministre. On peut se demander s’il aura droit à autant, aujourd’hui, pour sa rencontre avec le général Than Shwe, le numéro un de la junte militaire. Cette dernière affirme que l’aide humanitaire parvient à toutes les victimes. Mais l’ONU a constaté que seules 25 % des personnes sinistrées ont été secourues. 100 médecins étrangers doivent arriver samedi, alors même que ceux qui se trouvent déjà sur place attendent toujours des visas pour circuler librement Bataille médiatique Ban Ki-moon se démène donc dans une ambiance très ambiguë, puisque qu’aucun média officiel ne faisait état de sa visite hier. Difficile dans ces conditions d’avoir un impact. Tandis qu’il souhaite une montée en puissance de l’aide internationale, le régime birman, par la voix du journal gouvernemental New Light of Myanmar, exhortait les victimes à ne pas "croire les informations fabriquées par des éléments destructeurs en Birmanie et à l'étranger". Les généraux au pouvoir n’ont autorisé qu’un seul hélicoptère du Programme alimentaire mondial des Nations unies - sur 10 - à porter secours à des villageois en difficulté. Au large de la Birmanie, 1.000 tonnes de fret humanitaire, à bord du Mistral, un bâtiment de la marine nationale française, attendent toujours l’autorisation d’être débarquées. La situation est tout aussi bloquée pour 4 navires américains. Ban Ki-moon se rendra en Thaïlande ce week-end, terrain plus neutre pour discuter des besoins des organisations humanitaires. Dimanche, dans la capitale Rangoun, il participera à la conférence internationale d'appels de fonds, organisée par l'ONU et l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), pour coordonner l’acheminement des aides. Mais des opérations massives - et donc efficaces - dépendent du bon vouloir de la junte. Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) vendredi 23 mai 2008 En savoir plus RTBF - Birmanie : pas d'aide massive mas le temps presse Europe 1 - Le secrétaire général de l'ONU en mission difficile en Birmanie Nouvel Obs - Ban Ki-moon : le moment est "critique" pour la Birmanie
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