| Ecrit par Matthieu Etourneau,
le 22-05-2008 00:00
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Lors du Vème sommet entre l’Union Européenne et l’Amérique latine, les dissensions entres le camp anti-impérialiste mené par Hugo Chavez et les pays défendant une vision plus libérale se sont montrées plus importantes que jamais. Où se place le Mexique sur cet échiquier des relations internationales ? Le chef d'état vénézuelien Mr Chavez en compagnie du premier ministre francais Mr Fillon
Durant ce sommet tenu les 15 et 16 mai à Lima, la crise alimentaire, qui touche particulièrement les populations d’Amérique latine, région la plus inégalitaire du monde, fut au centre des débats, alors même que le Brésil, deuxième producteur de biocarburants après les Etat-Unis, grâce à l'éthanol issu de la canne à sucre, est accusé d’être en partie responsable de l’augmentation des prix des produits alimentaires. "On veut combattre le réchauffement global, signer le protocole de Kyoto et quand le Brésil offre un combustible qui n'émet pas de CO2, on préfère en utiliser un qui en produit, c'est une contradiction", a déclaré le président Lula en réponse à ces attaques vigoureuses. Nicolas Sarkozy n’a pas pu s’exprimer sur cette question majeure, s’étant fait remplacer par son Premier ministre François Fillon alors qu’Angela Merkel et José Luis Zapatero, eux, avaient fait le déplacement. Cette décision fait suite au report sine die de son voyage diplomatique au Mexique. Autant d’événements qui semblent faire penser que le président français se désintéresse de plus en plus du continent latino-américain. Le chef d'état péruvien Alan Garcia en compagnie de son homologue mexicain, le président Calderón
Le président Calderon pris entre deux eaux Le chef de l’Etat mexicain, bien que partisan avoué du libéralisme, a essayé durant ce sommet, comme lors des derniers mois, d’éviter le positionnement de son pays dans l’un des deux camps, naviguant entre deux eaux. Ainsi, il tenta de s’élever au dessus de ces querelles idéologiques avec sa proposition, jugée par certains démagogique et consensuelle, de créer un "Fond vert" auquel tous les pays participeraient grâce à des donations, dépendant de la situation et des capacités de chaque pays. Vicente Calderon assure que sa proposition fut très bien accueillie par l’ensemble du pays européens comme latino-américains. De même, le mandataire mexicain s’était efforcé, durant la crise diplomatique entre l’Equateur et la Colombie, de ne prendre partie pour aucun des deux pays, bien qu’idéologiquement Calderon soit très proche d’Alvaro Uribe, le chef d’Etat colombien. Mais, cette inclination que donne dernièrement Vicente Calderon à ses relations avec ses homologues latino-américains est en partie dictée par un objectif intérieur : la cohésion du pays. En effet, avec cette politique extérieure faite de consensus et de modération, le président mexicain cherche également à réconcilier les "deux Mexiques", celui qui l’a mené au pouvoir, favorable au libéralisme, et le Mexique volontiers anti-impérialiste, qui rejette ce "président illégitime". Car la profonde division de la société mexicaine est finalement similaire à la division qui secoue ce continent, qui ne semble pouvoir se décider entre deux orientations pourtant si opposées. Au Mexique comme en Amérique latine, l’adhésion a un "vivre ensemble" semble donc un idéal toujours aussi inatteignable… Matthieu ETOURNEAU. (www.lepetitjournal.com - Monterrey) jeudi 22 mai 2008
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