| Ecrit par Lisa Binet,
le 22-05-2008 00:00
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Aujourd'hui Le Petit Journal vous propose un regard sur l'actualité de nos voisins. Au Brésil, la ministre de l’Environnement, Marina Silva, a remis sa démission au président Lula, mardi 13 mai. Elle emporte avec elle une bonne part de la crédibilité du gouvernement brésilien quant à sa politique environnementale Marina Silva le 15 mai 2008 à Brasilia à l’agence nationale des eaux (photo Marcello Casal Jr./ABr)
En poste depuis le premier mandat de Lula en 2003, Marina Silva était une fidèle du président, travaillant avec lui depuis 30 ans, au sein du Parti Travailliste. La ministre était reconnue par les écologistes pour sa compétence, et sa ténacité. Marina Silva a remis sa démission lors de la visite de Angela Merkel au Brésil, comme pour embarrasser d’avantage le président Lula. La ministre justifie son départ en évoquant des "difficultés à tenir l’agenda écologique". S’empressant de rassurer l’opinion internationale sur le sujet de la déforestation de l’Amazonie, Lula a déclaré "regretter sincèrement" le départ de Marina, et a affirmé que le cap de sa politique environnementale sera maintenu après son départ. Les raisons de son départ L’organisation Greenpeace, a réagi immédiatement pour dénoncer le "revirement évident de la politique du gouvernement" et dénoncé la volonté de développement économique "à tout prix ", en référence à la libéralisation du commerce des OGM, contre l’avis de la ministre. Le niveau de déforestation du premier trimestre 2008 s’avère très décourageant. Une semaine avant sa démission, l’ex-ministre déclarait que "le Brésil aura beaucoup de difficultés en 2008 à contenir la déforestation et maintenir la baisse engagée il y a 3 ans… Faute de souplesse et de capacité de réaction". Marina Silva aurait subi des pressions au sein même du gouvernement, notamment de la part du ministère de l’Agriculture. Carlos Minc, actuellement secrétaire à l’environnement de l’état de Rio, a été nommé à sa succession. En tant que fondateur du PV (Parti des verts), Minc jouit d’une crédibilité en tant que spécialiste de l’environnement. En 1990, il a changé de casquette pour rejoindre le PT de Lula. Le secteur rural se réjouit de voir arriver un ministre connu pour son pragmatisme. Le Plan Amazonie Durable (PAS en portugais) a été confié au ministre des projets stratégiques Roberto Mangabeira Unger. C’est en reprenant sa casquette de sénateur de l’état d’Acre, en Amazonie, que Marina Silva entend continuer sa lutte pour l’environnement. Lisa BINET. (www.lepetitjournal.com) jeudi 22 mai 2008
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