| Ecrit par Lola Sorrenti,
le 22-05-2008 00:00
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Retrouvez aujourd'hui une sélection de deux articles des éditions du Petit Journal du Chili et du Brésil. Fin avril, la pilule du lendemain était retirée de la distribution des services publics. Ambiance à Santiago après l'annonce de la décision En mars, 36 députés de droite ont réclamé un vote pour la suppression de la pilule du lendemain. Pour quelle raison ? Son effet abortif, selon le principe "du droit à la vie inscrit dans la constitution" (constitution datant de la dictature) et défendu avec ferveur par l’Eglise catholique au Chili. Face à cette requête de la part de la droite, la décision a été renvoyée devant le Tribunal Constitutionnel, la plus haute instance du pays. Elle s’est prononcée favorable vendredi dernier, bien que de nombreux détracteurs soulignent les doutes sur l’indépendance morale de certains juges.
Une décision autoritaire Dans une société démocratique et laïque, économiquement dynamique et avec une femme au pouvoir, le retrait de la pilule du lendemain des services publics, et pas du circuit des pharmacies interroge. D’autant que les scientifiques se sont évertués à démontrer qu’il n’existait pas à ce jour d’études prouvant formellement l’effet abortif de la pilule du lendemain. Cette contraception d’urgence est légale depuis seulement 6 ans au Chili, et en septembre 2006, Michelle Bachelet avait réussi à faire passer un décret qui permettait aux jeunes filles de 14 ans de se voir délivrer cette pilule sans autorisation préalable des parents. Nous assistons désormais à un retour en arrière. Déjà les organismes de santé s’inquiètent : dans un pays où l’avortement même thérapeutique est interdit, le nombre d’avortement clandestin risque augmenter. De plus, on peut craindre le développement d’un "marché noir" des anticontraceptifs d’urgence dont on ne pourra garantir la qualité et l’efficacité. Par ailleurs, le dialogue avec un corps médical spécialisé se perd au dépens de la prévention. Les femmes les plus pauvres sont, évidemment, les plus touchées par cette mesure. Fin avril, les voix dissidentes se faisaient entendre. La ministre de la santé, Maria Soledad Barría affirmait que si le gouvernement n'était pas mesure de suggérer aux municipalités quoi faire, ces dernières auraient la liberté de délivrer gratuitement la pilule du lendemain dans leurs services publics ou non… Lola SORRENTI. (www.lepetitjournal.com Santiago) rediffusion
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