| Ecrit par Sara Fredaigue,
le 22-05-2008 00:00
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Le Prix Union Latine de Littératures Romanes vient de s’achever en récompensant Dumitru Tsepeneag, écrivain romain. Gabriela Adamesteanu, membre du jury, revient sur ce prix destiné à encourager la diffusion des œuvres d’auteurs latins dans d’autres pays de langue latine. Gabriela Adamesteanu lors de la remise des prix mercredi 21 mai 2008 (photo LPJ)
Pourquoi avoir accepté d’être membre du jury ? C’est d’abord un honneur pour moi d’avoir accepté ce mandat de trois ans. Je suis très attachée à la langue française. Je l’ai apprise en autodidacte et c’est elle qui m’a permis de faire des rencontres après la révolution. C’était ma fenêtre sur le monde. Je pense ensuite que la littérature roumaine n’est pas assez connue en Italie. C’est donc un moyen de la promouvoir, au moins auprès des membres du jury. Enfin, j’ai un intérêt pour la littérature de mes homologues. Face à la montée du "livre produit", je souhaite soutenir des livres qui ont une valeur littéraire. Dumitru Tsepeneag vient de remporter le Prix Union Latine de Littérature Romanes 2008. Il était votre candidat. Je suis ravie. C’est un grand auteur tant au niveau littéraire que dans ses engagements. C’est un ancien dissident politique du temps de Ceausescu. Il est lui-même très actif pour faire connaître la littérature roumaine en occident. Il a déjà publié plusieurs livres chez Flammarion et P.O.L. Il est notamment l’auteur d’une trilogie qui raconte de façon ironique et post moderne la migration des roumains après la chute de Ceausescu. Sur le prix de 12.000 euros, il en recevra la moitié. L’autre moitié ira à un éditeur pour le faire traduire et publier dans une autre langue latine. Il était en concurrence avec l’auteur espagnol Ana Maria Matute. Lors du Prix Union Latine de Littératures Romanes, vous avez participé à la rencontre l’Europe aujourd’hui, la parole aux écrivains. Est-ce important d’être un auteur engagé ? J’ai vécu dans un pays où on parlait de l’engagement de l’écrivain. C’était un slogan dès ma plus jeune enfance. Néanmoins, pour moi, l’écrivain doit être engagé pour sa littérature et être sincère avec lui-même. Je ne crois pas qu’il doive prendre position dans ses romans. Il peut le faire en tant que citoyen dans les journaux mais pas dans sa littérature. Quelle importance cela revêt pour vous d’être traduit dans une autre langue ? Nous sommes dans une époque où nous ne vivons plus isolés. Il me semble important de transmettre la culture et l’histoire de son pays. Chacun vit à la fois des choses universelles et différentes selon sa culture. Je suis très touchée quand des lecteurs étrangers me parlent de mes livres. Cette transmission est le sens de ma vie. Propos recueillis par Sara FREDAIGUE. (www.lepetitjournal.com - Rome) jeudi 22 mai 2008 Pour en savoir plus sur le Prix de l'Union Latine de littératures romanes, cliquez ici Gabriela Adamesteanu participe également en France au festival l’Insolite Roumanie qui se déroule en Normandie du 26 avril au 11 juin. www.balkans-transit.asso.fr et a participé aux rencontres des Belles étrangères www.belles-etrangeres.culture.fr en 2005. Elle vit actuellement à Bucarest. Journaliste engagée, elle a reçu en 2002 le prix Hellman Hammet attribué par Human Rights Watch. Elle a remporté dans son pays de multiples prix pour ses œuvres. Son roman Une matinée perdue a reçu le prix de l’Union des écrivains en 1985. Amoureuse de la langue française, elle est la traductrice de Maupassant et d’Hector Bianchiotti. Ses oeuvres publiées en français : Le retour du fugitif, traduit par Alain Paruit, éd. L'Inventaire 2005 Une matinée perdue, traduit par Alain Paruit; éd. Gallimard, 2005 Rue Corolian, traduit par Alain Paruit dans la revue de la Maison des Ecrivains Etrangers et des Traducteurs n°6, "New Delhi/Bucarest", 2002
Dumitru Tsepeneag et Gabriela Adamesteanu, la fierté d'une consoeur pour son homologue roumain (photo LPJ) Dumitru Tsepeneag est l’auteur primé par le XVIIIème Prix Union Latine de Littérature Romane. Né en 1937, il est le chef de file, avec Leonid Dimov, de l’onirisme, seul courant littéraire à s’opposer au "réalisme socialiste" officiel dans les années 60 et 70. Déchu de sa nationalité en 1975, lors d’un déplacement à Paris, il a été contraint à l’exil. Installé à Paris, il a été naturalisé français en 1984. Il est traduit par Flammarion Exercices d’attente (1972), Arpièges (1973), Les noces nécessaires (1977) et chez P.O.L : Hôtel Europa (1996), Pont des Arts (1998), Au pays des Maramures (2001). Il est également auteur de romans écrits directement en français.
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