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Après une édition 2007 sans le cinéma italien, deux films ont été sélectionnés cette année pour la course à la Palme d’Or : Gomorra de Matteo Garrone, et Il Divo de Sorrentino. Petit tour d'horizon du festival de Cannes version transalpine Affiche de Sanguepazzo, portrait d'un couple d'acteurs proches du fascisme, assassinés en 1945 (sortie en Italie le 23 mai 2008)
L'édition 2007 avait été bien maussade pour les Italiens : aucun de leurs films n'avait été sélectionné pour concourir. Cette 61e édition du Festival de Cannes a de quoi faire oublier cette mauvaise passe. Et pour cause : deux films participent à la compétition, tandis qu'a été projeté, hors compétition, Sanguepazzo de Marco Tullio Giordana. Le premier a avoir été présenté, Gomorra de Matteo Garrone, est issu du best-seller homonyme de Roberto Saviano*, sur le fonctionnement de la mafia napolitaine. L'adaptation sur grand écran de ce tableau tragique et sans espoir de la "Camorra" (mafia) a interpellé le public, dont le ministre italien de la Culture, Sandro Bondi, présent lors de sa projection dimanche. Lundi, cela a été au tour de Sanguepazzo (Une histoire italienne, en français) d'être soumis à la critique. Le portrait d’un couple d'acteurs célèbres, proches du fascisme, dont la femme est incarnée par Monica Bellucci, assassinés par des résistants à la Libération de Milan en 1945, a suscité les applaudissements enthousiastes de la salle malgré un sujet encore sensible en Italie Enfin, demain, le public cannois pourra voir en avant première Il Divo, de Sorrentino, dans lequel Fanny Ardant fait une apparition. Un portrait de Giulio Andreotti, homme politique italien emblématique de l'après-guerre et des "années de plomb"* et accusé de collusion mafieuse Couverture du livre Gomorra de Roberto Saviano, sur le fonctionnement de la mafia napolitaine. Il a inspiré le film du même nom en compétition à Cannes
Les problèmes de l’Italie à l’écran Interviewé par Télérama, l'acteur italien Luca Zingaretti, qui interprète le mari de Monica Bellucci dans la fiction de Marco Tullio Giordana, fait remarquer que ces trois films, réalisés par ses compatriotes et présentés cette année à Cannes, abordent tous des problèmes de l'histoire contemporaine italienne. "Dans le climat de crise que nous vivons actuellement en Italie, explique-t il, nous les artistes sommes dans une sorte d'urgence, pour expliquer ce qui se passe dans le pays, à notre façon". Le problème actuel des déchets de Naples ou ceux liés à l'immigration clandestine ne sont que des sujets récents comparés à ceux, toujours d’actualité, de la mafia ou de la mémoire nationale de la Libération non encore réconciliée. Ces problématiques ont été revisitées avec talent, à en croire la critique. Le Figaro, par exemple, souligne que la fresque sur la mafia napolitaine a été traitée en évitant soigneusement de "tomber dans les clichés". A noter également que le jury cannois compte un Italien cette année : l'acteur et metteur en scène Sergio Castellitto. Marie MALZAC. (www.lepetitjournal.com - Milan) jeudi 22 mai 2008 * Gomorra de Roberto Saviano, best-seller sur la machine "Camorra" (mafia napolitaine), son système de fonctionnement, sans concession et très bien documenté * "années de plomb" : années 70 marquées par un climat de fortes tensions sociales et politiques, en Italie, et de nombreux attentats politiques |