| Ecrit par Sara Haba,
le 22-05-2008 00:00
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Afin d’empêcher toute entrée illégale de Palestiniens sur le territoire égyptien, un nouveau mur de béton sépare depuis trois mois la ville de Rafah en deux. Après l’ouverture éclair de la frontière le 10 mai dernier, l’Egypte a refermé, trois jours plus tard, le terminal de Rafah pour une durée indéterminée "Il n’y aucune raison d’être là, la frontière est fermée. Personne ne peut passer", lance un policier. Ici, aux abords de la plateforme, le moindre véhicule est repéré par les militaires perchés dans les miradors, arrêté par les forces de l’ordre au sol et prié de rebrousser chemin. Et, pour ceux qui voudraient s’aventurer et traverser la frontière par les champs, malgré des barbelés plus faciles à franchir que le mur haut de trois mètres, ce sont les camions de militaires qui font barrage. Sous leur surveillance, personne n'est autorisé à pénétrer la zone frontalière.
Au nom de la sécurité transnationale "Il doit y avoir 1,5 million d’habitants dans la bande de Gaza. Si nous ouvrons notre frontière, nous avons dès demain un million de Palestiniens qui s’installent jusqu’à El-Arish", explique un officier qui a voulu garder son anonymat. La politique frontalière de l’Egypte est souvent justifiée par le contrôle de l’immigration illégale. Pourtant, les militaires sur place préfèrent parler de sécurité transnationale : "On ne laissera passer aucun individu du côté palestinien comme du côté égyptien. Un Palestinien ne rentrera pas sur notre territoire car il pourrait être associé à un complot israélien contre l’Egypte." Quelques mètres plus loin, le discours des policiers n’est plus le même : "Notre pays craint qu’en ouvrant la frontière, le Hamas rentre en Egypte et traite avec l’ennemi intérieur : les Frères musulmans. Et, si les Frères musulmans reçoivent un soutien extérieur, le pouvoir égyptien est foutu". Gestion de la question palestinienne sous l’œil américain "Les Palestiniens feraient mieux de traiter avec les Israéliens pour obtenir des facilités dans leur vie quotidienne. Ce n’est pas du côté de l’Egypte, qu’elle obtiendra ce qu’elle veut. Tout le monde sait qu’Israël est entre les mains des Américains. Alors notre pays ne va rien faire qui pourrait heurter Israël", raconte un militaire dans les rues de Rafah. Pour que l’Egypte puisse ouvrir sa frontière, Israël et Palestine doivent d’abord convenir d’un accord à long terme. Les relations entre Le Caire et Washington en dépendent. Le sort de cette frontière, où se joue la survie d’un peuple et les intérêts de grandes puissances, relève donc de l’avenir des négociations de paix israélo-palestinienne. Photos et texte Sara HABA. (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) jeudi 22 mai 2008
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