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SOCIAL - Alvaro Rodriguez porte la culture dans les zones marginales |
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| Ecrit par Alexandra Beugnet,
le 21-05-2008 00:05
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Alvaro travaille pour le Secrétariat de la Culture. Il est le créateur et le coordinateur d’Acompañarte, un projet pilote, dont les champs d’action sont les zones les plus marginalisées de la ville
LPJ : Alvaro, en quoi consiste Acompañarte ? Alvaro Rodriguez : Acompañarte est un projet pilote dont l’objectif a été d’établir 10 projets d’arts plastiques afin de créer un dialogue dans et entre les communautés les plus marginalisées de la ville de Mexico. C’est avant tout un accord entre les artistes, les promoteurs de la culture et nos contacts avec les communautés pour construire des projets culturels là où les institutions ont échoué. Acompañarte est un exercice d’accompagnement artistique et un lieu d’observation. Il s’agit d’établir des procédés créatifs qui pourraient être ensuite réutilisés par les participants.
En plus d’Acompañarte, existe-t-il d’autres projets culturels et artistiques dans ces communautés ? Oui. Par exemple, l’artiste Ivonne Domenge s’est insérée dans la Colonia de Buenos Aires. Elle y a travaillé avec les mécaniciens et les soldats sur la création de sculptures. Tepito Arte Aca est une référence obligatoire. Le quartier s’est lui-même donné le devoir de soutenir et de développer le potentiel créatif qui existe dans les entrailles de la Colonia. Il existe beaucoup de projets autogérés et indépendants qui sont un exemple d’organisation et de résistance culturelle.
Quelles ont été les réponses des communautés aux programmes ? Dans chaque atelier, les réponses ont été différentes. Par exemple, Hugo Félix, artiste oaxaqueño, s’est confronté à des réactions violentes de la part de 3 participants de son atelier. Les jeunes graffiteurs ont remis en question le sentiment social de l’art urbain et quitté l’atelier. D’autre part, Oscar Hernandez, à Tepito, qui effectue un projet de mémoire et d’identité très intéressant à travers l’élaboration d’une bande dessinée monumentale, a non seulement pu rencontrer des personnes très influentes du quartier (Mario Puga, le chroniqueur local et Madame Queta, créatrice de la Chapelle de la Santa Muerte) mais en plus a été accueilli par une organisation qui travaille avec les enfants et les jeunes en situation à risques. Ces rencontres incroyables nous ont permis de comprendre les problématiques les plus dissimulées de ces zones. Les jeunes de l’atelier ont pu déployer leur intérêt artistique qui va bien au-delà du dessin technique enseigné dans leur collège. A Iztapalapa, l’artiste Valeria Marruenda a travaillé avec des femmes. Son travail consistait à utiliser les textes écrits par les participantes afin de les accompagner dans des expériences introspectives sur leur passé, cristallisées par la suite en images.
Si tu pouvais évaluer le programme, quelles seraient tes conclusions ? Nous sommes encore dans une phase d’élaboration des critères d’évaluation. Nous sommes toutefois déjà arrivés à la conclusion que l’exercice doit se répéter, mais avec plus de ressources et de soutien institutionnels et d’artistes. Il faut en faire une option de rencontre et de reconnaissance culturelle des communautés qui sont marginalisées à plusieurs niveaux. Propos recueillis pas Alexandra BEUGNET. (www.lepetitjournal.com - Mexico) mercredi 21 mai 2008
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