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BLANCHE OUVRE CANNES - Que leur joie demeure |
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| Ecrit par Blanche Baudouin,
le 15-05-2008 00:00
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Le festival s’est ouvert hier dans une ambiance post-sismique. Celui qui aurait semblé heureux se serait fait lyncher sur le champ. Un reportage de Blanche Baudouin, atomisée, depuis son fauteuil
La grand messe du cinéma international portait hier les couleurs du deuil (photo AFP)
On peut reprocher à Sean Penn de nombreuses choses, mais pas son sens de la fête. Qui a failli vaciller lorsqu’il a souri, à un moment, quand Richie Havens tout en bagues faisait vibrer sa guitare sur Freedom, un de ses woodstockiens tubes. Avec Sean Penn, toutes les victimes chinoises et birmanes étaient présentes au Palais du festival. Ses épaules taille basse portaient tant de gravité qu’elles interdisaient toute démonstration heureuse. Laurent Weil, l’envoyé spécial de Canal qui l’attendait frétillant en bas des marches en a fait les frais. A sa souriante question dûment répétée malgré un accent à couper au couteau "can you give us a minute Sean ?", Penn a rétorqué un sobre et définitif "no". Oh la claque ! Plus tard, lorsque le président est intervenu pour inviter les distributeurs à soutenir les films qui ne recevront pas de prix, il a eu un moment de légèreté : "I’m very very pleased to be here" a-t-il affirmé avec le même enthousiasme que pour une oraison funèbre.
Mourir sur scène Du coup, l’ambiance post-sismique a même déteint sur le maître de cérémonie Edouard Baer d’ordinaire plus jovial. Son évocation de "jambes interminables avec personne au bout" n’a fait sourire personne, tandis que son élancée poétique "pour avoir kidnappé le grand fracas du monde au profit de beautés singulières, festival de Cannes merci" n’a fait écraser une larme qu’aux midinettes de mon genre. Une émotion de bien courte durée puisque la parole a ensuite été donnée à Claude Lanzmann qui, à 83 ans, pour déclarer ouvert le festival, s’est mis à prendre le temps d’en profiter. Il y avait tant de silence entre ses mots, que la seule chose qui me réveillait était quand le blanc durait encore plus longtemps et que je le croyais soudain mort. Dans sa messe vaguement latine, et un peu interminable, il a vanté l’unité du cinéma et parlé de "parentelle" avec Quentin Tarantino. Rien de bien pimpant, convenons-en.
Quelle couleur pour les condoléances ? Côté glamour finalement on n’aura vu hier que la robe bleu pétante d’Eva Longoria assortie au fard à paupières de la divine Jeanne Balibar. Cate Blanchett était, elle, en jaune plus froufrouteux que celui de l’élégante Julianne Moore, alors que Lucy Liu et Natalie Portman portaient toutes deux une robe en forme de chou-fleur mais en violet plus intense. Toutes ces couleurs n’ont pas su pourtant faire oublier qu’en Asie des milliers de gens ont perdu la vie. Finalement le choix de l’affiche, inspirée d'une photo de David Lynch, avec une nana aux lunettes noires était judicieux. Ca devrait rigoler cette semaine sur la Croisette… Blanche BAUDOUIN. (www.lepetitjournal.com) jeudi 15 mai 2008
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