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INTERNET - Les enchères de l’arnaque |
| Ecrit par Jules Ravaud,
le 19-05-2008 00:00
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De la petite infraction au grand banditisme, les "hackers" (fraudeurs informatiques) roumains ont acquis une renommée mondiale ces dernières années. Le site Internet américain d’enchères Ebay en a d'ailleurs fait les frais
Face à la recrudescence des hackers, la police roumaine a dû se spécialiser pour poursuivre ces génies de l'informatique (Image : bbc.com)
A Dragasani, petite ville du sud de la Roumanie, tout le monde a entendu parler des "hackers", ces jeunes qui fraudent sur Internet. Mais on préfère garder le silence. Dans l’une des trois salles Internet de la ville, un homme parle sous couvert d’anonymat : "En 2002, quand les adolescents ont commencé à frauder, la plupart d’entre eux n’avaient même pas Internet chez eux. Mais ils se sont vite rendu compte que l’astuce était très simple et pouvait rapporter gros." L’astuce ? Expliquer à un acheteur qui vient de perdre une enchère sur Internet, généralement sur le site américain Ebay, qu’il est encore possible d’obtenir l’objet désiré. Une fois l’argent reçu, généralement retiré dans l’un des bureaux Western Union (transfert international d’argent liquide) de la ville, le hacker envoie un colis rempli de terre ou de pomme de terre à l’acheteur malheureux. Grâce à ce procédé simple, les jolies voitures vont se multiplier dans les rues de Dragasani, une cité ouvrière touchée par le chômage. "Maintenant, c’est quasiment fini, explique cette même source, plus personne n’utilise cette méthode. Elle est devenue trop connue. Ceux qui sont restés hackers s’attaquent désormais aux systèmes informatiques des banques, les autres ont arrêté".
La police roumaine enquête En avril dernier, les autorités roumaines ont annoncé la capture de "Vladutz", l’un des hackers les plus connus de Roumanie. Les enquêteurs estiment qu’il a causé des pertes de plus de 2 millions de dollars à Ebay en réussissant à entrer au cœur de son système informatique. Il n’a que 20 ans, mais trois ans d’enquête et l’implication du FBI ont été nécessaires pour le démasquer. Lui n’est pas de Dragasani, mais de Bucarest. Récemment, lors d’une conférence de presse, le chef de la police roumaine, Gheorghe Popa, a annoncé que 200 personnes avaient été arrêtées en 2007, alors que sur les quatre premiers mois de l’année, 700 dossiers d’inculpation ont été ouverts. Un département spécialisé dans la lutte contre la criminalité informatique a même été créé depuis peu. Mais il aura fallu plusieurs affaires retentissantes pour que les autorités roumaines prennent le problème à bras-le-corps. En 2006, "SirVic", un pirate informatique d’Arad est arrêté après avoir violé le réseau de la NASA, du Département américain pour l’énergie et de la marine militaire américaine. Plus récemment, c’est une bande organisée, pas encore identifiée, qui a volé plus de 200.000 euros des comptes de la banque roumaine Bancpost en falsifiant des cartes bancaires. Jules RAVAUD. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) lundi 19 mai 2008
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