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1948, création de l'Etat d'Israël : "catastrophe" (el-nakba) pour certains, espoir de vivre enfin dans un "pays à soi" pour d'autres... 60 années après, marquées par le sang et la haine, se dirige-t-on enfin vers une trêve entre Palestiniens et Israéliens ? 
Photo Mena DR : Le jour où naquit l'espoir d'une paix Si la question de l'issue concrète des récentes négociations est à poser, les efforts de l'Egypte dans son rôle de médiateur est à noter. La semaine dernière était arraché au Caire un accord entre 12 factions palestiniennes sur un projet de trêve avec Israël. Dans un climat toujours tendu au sein même des divers groupes palestiniens, dans le contexte de "césure" politique et diplomatique entre d'un coté la Cisjordanie, gouvernée par l'Autorité Palestinienne, et de l'autre Gaza, aux mains du Hamas depuis son coup de force en juin 2007, cet accord inter-palestinien est en soi une avancée. Seul, le Jihad islamique n'a pas signé l'accord, mais s'est engagé à ne pas émettre d'obstacles à l'éventuelle trêve, à la condition qu'Israël la respecte. Dans le projet, il est notamment proposé de cesser les lancements de roquettes vers les villes israéliennes proches de la bande de Gaza, opérés régulièrement par le Hamas, contre la levée du blocus israélien sur cette dernière, engendrant une véritable catastrophe humanitaire, dénoncée par de nombreuses ONG (Oxfam, Care International et Médecins du monde-Grande-Bretagne entre autres). Le Quartet des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Union Européenne, Nations Unies) a approuvé, lors de sa réunion à Londres vendredi 2 mai, les efforts du Caire dans son action de médiation, et pousse les trois parties – Palestiniens, Israéliens, Egyptiens – à continuer à coopérer pour mettre sur pied un véritable plan de pacification de la bande de Gaza. Le Quartet a aussi appelé Israël à geler les projets d'implantations et à démanteler les colonies illégales construites après mars 2001, considérées par les Palestiniens et plusieurs pays comme un obstacle à la paix. Scepticisme... Des discussions, des efforts, des avancées...mais pourtant, peu d'espoirs d'aboutir. Cette fois encore. La première concernée dans l'affaire, Israël, est sceptique par rapport aux intentions réelles du Hamas. Ce serait, d'après les autorités israéliennes, renforcer le Hamas au dépend du Fatah, et laisser l'occasion au groupe islamique de se réarmer, étant donné qu'il est notifié dans le projet d'ouvrir les points de passage, notamment celui de Rafah, à la frontière avec l'Egypte. Mais surtout, Israël a surenchéri en incluant dans le débat la libération du soldat Gilad Shalit lors de la rencontre lundi d'Omar Soleimane, chef des services de renseignement égyptiens et du premier ministre israélien Ehud Olmert. Cette question de libération n'était pas à l'ordre du jour du projet initialement signé par les différentes factions palestiniennes, et il n'en est pas question pour ces responsables. Depuis quelques jours, la violence a repris, lancers de roquettes et opérations militaires dialoguant avec rage et amertume. De l'issue finale de ces récentes négociations il est pour l'instant difficile d'entrevoir un réel accord de paix. Quoi qu'il en soit, c'est un succès politique et diplomatique pour l'Egypte, qui a conforté sa position dans la région, ainsi que son rôle de médiateur principal entre les deux camps. L'Egypte, premier pays à avoir signé la paix avec Israël, sera-t-elle aussi à l'initiative d'une paix historique entre Palestiniens et Israéliens ? Noémie BONNIN. (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mardi 20 mai 2008 |