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Le Petit Journal propose à partir d'aujourd'hui une série sur l'immobilier à Buenos Aires. Toutes les semaines, un aspect du marché sera abordé. Cette semaine, l'article dresse un panorama à Buenos Aires
Avec un niveau international élevé, Buenos Aires est moins chère que Lima (photo LPJ)
La crise est loin derrière. Depuis 2002, les prix de l'immobilier en Argentine, en termes de location et en vente, augmentent entre 10 à 15% par an. Et selon les experts du secteur, rien ne devrait encore l'arrêter à part l'hypothèse évoquée par quelques spécialistes d'une nouvelle dévaluation. Aujourd'hui les valeurs moyennes, secteur du neuf et de l'ancien confondues, atteignent 1.000 euros le m2, soit le niveau d'un quartier comme Almagro. Ce prix moyen est encore peu élevé : "il n'atteint que 10% des niveaux européens, relativise Mario Gómez, directeur de l'entreprise Toribio Achával, l'une des deux plus importantes agences immobilières de la capitale, cela équivaut à la moitié des valeurs relevées à San Pablo tandis que des villes comme Lima ou Bogota, avec un niveau international moins développé, sont plus chères. Nous croyons que les valeurs des immeubles continueront d'augmenter".
3,1 nouveaux mètres carrés en 2007 Pourtant, il est désormais devenu difficile pour un porteño de pouvoir se loger à Buenos Aires. Car ici, les produits se payent le plus souvent en dollars et en cash : l'accès au crédit à long-terme reste une entreprise difficile. N'empêche, l'investissement est encore au rendez-vous. "La croissance est soutenue par les investisseurs privés ayant des fonds propres" commente José Rozados, directeur du site Reporte Inmobiliario, publiant un site de référence sur l'immobilier en Argentine. En effet, le manque de confiance qu'inspirent les établissements financiers nourrit le marché immobilier. Pour l'instant, peu d'investisseurs sont étrangers sauf sur un produit particulier : l'achat d'appartements à destination de locations temporaires. En 2007, près de 3,1 millions de nouveaux mètres carrés ont été mis sur le marché, soit l'équivalent de 31.000 appartements de 100 m2. "En moyenne, ce chiffre était de deux millions, renseigne Mario Gómez, ces trois dernières années, il a été dépassé".
3% de la clientèle est étrangère Néanmoins le marché sait se réguler, pense José Rozados et contrairement aux apparences, le marché de l'immobilier argentin est plutôt stable. Ainsi, en 2002, au plus fort de la crise, quelques 82.000 achats-ventes avaient été enregistrés dans le pays. En moyenne, ce sont 93.000 transactions qui sont effectuées chaque année. La clientèle étrangère représente 3% des flux mais augmente selon les quartiers. Ainsi, à Puerto Madero, les étrangers constituent 10% des acheteurs. Ceux-ci privilégient la banlieue chic de Buenos Aires ou des quartiers internationaux ou à potentiel touristique : Palermo, San Telmo... Ceux qui connaissent mieux l'Argentine se risquent dans des quartiers plus argentins aux prix moins élevés, se situant jusqu'aux limites de Once, voire de Caballito. Acheter à Buenos Aires, est-ce une bonne opération pour la clientèle étrangère ? Cette question sera abordée dans le second volet de notre série. Caroline BEHAGUE. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mercredi 7 mai 2008