| Ecrit par Marie Varnieu,
le 21-05-2008 00:00
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Des chercheurs canadiens ont mis au point un logiciel baptisé Psiphon qui permet à ses utilisateurs de déjouer la censure du web. Son créateur, Ron Deibert, vient de recevoir le Grand Prix du Nextplorateur Le test s’avère simple et très révélateur : en tapant le mot "Carrefour" en chinois ou des mots clés se référant à l’enseigne commerciale française sur les moteurs de recherche, la réponse "l’information que vous recherchez n’est pas accessible" est délivrée. Depuis que les manifestations anti-françaises se déroulent en Chine, les emblèmes tricolores sont devenus non grata et ce, au détriment de l’information. Cet exemple n’est qu’une goutte d’eau dans le monde du web où les dictatures cubaines, chinoises ou tunisiennes imposent leurs règles. C’est ce qui a amené Ron Deibert, directeur du Citizen Lab de l’université de Toronto, et son équipe de chercheurs à créer le logiciel Psiphon, qui détourne la censure et évite le flicage des internautes grâce à des transmissions semblables à celles utilisées pour les transactions financières et le commerce électronique. Car avant, pour consulter des pages interdites dans leur pays, les fraudeurs utilisaient des serveurs proxy qui gardaient en mémoire les sites visités. Aux autorités ensuite de faire pression pour avoir accès à cette liste et sanctionner les téméraires.
14 pays censeurs sur Internet Ce nouveau système entièrement protégé fonctionne avec la complicité d’un "ami" basé dans un pays libre qui télécharge le logiciel sur le site de Ron Deibert. Son collègue chinois ou cubain reçoit alors un mot de passe qui lui permet d’utiliser Psiphon grâce à votre ordinateur, qui devient un "nœud" Internet qui lui évite de passer par les serveurs officiels. Pour cette avancée sans conteste dans le monde de la liberté informatique, Ron Deibert a reçu en février le prix de la première édition de "Nextplorateur de l’année". Car selon Reporters Sans Frontières, 14 pays seraient actuellement censeurs sur Internet et près de 40 sont surveillés par l’Open Net Initiative, un observatoire dédié à l’étude de la censure sur le net. Marie VARNIEU. (www.lepetitjournal.com) mercredi 21 mai 2008 En savoir plus : Site Internet de Ron Deibert
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