| Ecrit par LPJ Santiago,
le 19-05-2008 00:00
|
|
En mars 2008, l’UNICEF a rendu un rapport sur les centres pénitenciers chiliens pour les jeunes. Le constat est plutôt alarmant : ils s’ennuient, sont mal soignés et mal traités 
Logo unicef Entre novembre 2007 et mars 2008, des inspecteurs de l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance) se sont rendus dans les centres pénitenciers du Chili afin de vérifier si les droits des jeunes détenus étaient respectés. En effet avec la Loi Pénale Adolescente* ou Loi 20.084, les centres pénitenciers peuvent être visités sans avis préalable deux fois par an. Le rapport rendu au terme de ce contrôle, dénonce les "principaux nœuds du système". Selon l’organisme international, les centres de détention pour les jeunes présenteraient des cas d’abus, de violences, de risque de suicides et une qualité de vie précaire. Par ailleurs l’encadrement manque de qualifications.
Un rapport sur les conditions de détention accablant La première plainte des jeunes visités par l’UNICEF a été l’inactivité. La qualité et la quantité des ateliers, très limitées, ferment les possibilités de réinsertion sociale. Dans les centres pénitenciers de Puerto Montt ou de Rancagua, par exemple, une certaine anarchie semble régner dans les heures destinées à l’enseignement, assurées par ailleurs par des non-professionnels. Ainsi, les jeunes de certaines prisons du pays peuvent passer jusqu’à 22h enfermés en cellule à ne rien faire, comme dans la prison de Valparaiso. Du point de vue de leur santé, le bilan n’est pas plus brillant : il n’existe pas de contrôle médical régulier. Donc pas de stratégies de prévention, ni de contrôle des maladies sexuellement transmissibles, pas plus que de suivi de grossesse pour les femmes. Cette absence de contrôle médical se traduit également par l’administration de médicaments non contrôlée par des médecins. La conséquence directe est le nombre de cas de dopage relevé par l’UNICEF. Pire. L’application du règlement et des sanctions est un des points les plus préoccupants du rapport. Bien que cela soit interdit par les normes internationales, par la jurisprudence nationale et par la loi pénitentiaire 20.084, il a été constaté l’utilisation de punitions comme l’isolement en cellule, les fouilles à corps, et les "sentadillas" (flexions de jambes avec les mains sur la nuque). Si la situation du Chili paraît navrante, ce rapport ne dit rien sur les conditions d’incarcération des mineurs dans d’autres pays, ce qui évite toutes comparaisons. L.S (www.lepetitjournal.com Santiago) lundi 19 mai 2008. * Loi 20.084 votée en 2006 : cette loi chilienne souligne les principes et garanties spécifiques du traitement des mineurs de 14 à 18 ans, considérés comme sujet en formation. Elle souligne le caractère immédiat des procédures, le respect de l’intérêt supérieur du mineur, ainsi que l’importance de sa réinsertion sociale.
|