| Ecrit par Stéphanie PICHON,
le 16-05-2008 00:00
|
|
Le match France-Allemagne de la Coupe du monde de football de 1982 a marqué toute une génération. Pierre Rigal a fait de cet épisode tragique de l’histoire franco-allemande une pièce chorégraphique, qui sera jouée dimanche à Potsdam. Rencontre Battiston inconscient, Platini lui tenant la main sur la civière, Schumacher honni à jamais, la course de Giresse, les tirs au but manqués. Le 8 juillet 1982, à Séville, s’est écrit une page de l’histoire franco-allemande. Footballistique certes, mais dont la portée dramaturgique et émotionnelle a marqué des générations de Français, de 5 à 60 ans. En 1982 le chorégraphe toulousain Pierre Rigal avait 9 ans. Avec cette demi-finale France-RFA de la Coupe du monde il expérimentait le goût de "l’injustice" et de la "frustration". L’an dernier il s’en est inspiré pour créer une pièce chorégraphique "Arrêts de jeu", présentée pour la toute première fois en Allemagne le 17 mai à Potsdam dans le cadre des 18e Postdamer Tanztage. Interview.
(photo. Pierre Grosbois) Pourquoi avoir choisi ce moment de sport pour en faire un spectacle ? Pierre Rigal : J’ai eu une carrière de sportif avant de danser. Je voulais traiter un match en particulier et il y en a un qui émerge dans la culture française, c’est ce match France-RFA en 1982. J’avais 9 ans et c’est un souvenir d’enfance très fort. Le scénario de ce match a été complètement intense, on a cru que la France allait l’emporter mais après des revirements de situation incroyables et surtout l’agression d’un des joueurs français par le gardien allemand, cela a mal tourné. C’est pour moi le souvenir d’une grande injustice et d’une frustration. Je me suis aperçu que ça l’était aussi dans la mémoire des gens de ma génération, de ceux qui s’intéressaient au foot mais des autres également, notamment les femmes. Cet événement est allé au-delà du sport. Ce France/Allemagne, a ravivé des haines ancestrales, notamment celles ancrées dans les événements de la seconde guerre mondiale. L’atmosphère tragique a largement dépassé l’enjeu sportif. Un match de foot n’est en principe qu’une anecdote.
Comment avez-vous traduit ce match en spectacle de danse contemporaine ? P. R. : Ce n’est pas vraiment une traduction, il s’agit plutôt d’une évocation d’un contexte qui nous replace dans le passé, dans l’enfance. Ce match sert de vecteur au traitement des souvenirs d’enfance. C’est un regard à la fois nostalgique et angoissant sur le monde de l’enfance et le jeu. Au début il y a des extraits des commentaires de Thierry Roland et Jean-Michel Larqué. L’événement sportif est filtré par la télévision qui tient une place importante dans le spectacle. Samedi soir, les commentaires ne seront pas traduits. Pour que cela garde une touche "exotique" pour le public allemand. (photo. Pierre Grosbois)
Jouer ce spectacle en Allemagne a t-il un goût particulier ? P. R. : C’est la première fois que je le joue en Allemagne. Je suis ravi de le jouer ici puisqu’il concerne aussi les Allemands. C’était vraiment un de mes objectifs de jouer ici. J’ai envoyé les DVD à de nombreux programmateurs en Allemagne. A Potsdam ce sera la première, mais j’aimerais que cela enchaîne sur une tournée. Stéphanie PICHON. (www.lepetitjournal.com/berlin.html) vendredi 16 mai 2008
"Arrêts de jeu" chorégraphie de Pierre Rigal, Cie Dernière Minute, le 17 mai, 20h, Fabrik Posdam, Schiffbauergasse 1, 3-10 eueros. Rens 0331 280 03 14 ou sur le site www.fabrikpostdam.de Un match entré dans la légende du football De ce match Platini dira "aucun film au monde, aucune pièce ne saurait transmettre autant de courants contradictoires, autant d’émotions que la demi-finale perdue de Séville". Il y a d’abord et surtout "l’attentat" du gardien allemand Harald Schumacher sur Battiston qui allait au but. Le joueur français se retrouve inconscient. Il a trois dents cassés, un traumatisme crânien. L’arbitre n’a rien vu. Aucune faute ne sera sifflée, la balle revient aux Allemands. Schumacher, crâneur, ne s’inquiète à aucun moment de l’état de Battiston. A ce moment du match, chaque équipe a marqué un but. Le public de Séville prend fait et cause pour les Bleus et siffle Schumacher chaque fois qu’il a le ballon. Vient ensuite le temps des prolongations, les Bleus enchaînent sur deux buts. Ils mènent 3-1. Mais les Allemands reviennent dans les dernières minutes. 3-3 à la fin du temps réglementaire. Pour la première fois de l’histoire de la Coupe du Monde, un match va se jouer aux tirs aux buts. La France s’incline après deux heures de suspense intense. L’Allemagne perdra en finale contre l’Italie. Voir en vidéo: http://www.dailymotion.com/video/x3dpd8_france-rfa-1982 |
LIEN PROMOTIONNEL
Nouveau à la crêperie bretonne !! Crêpe à la crème de marrons! Venez goûter ce nouveau délice ce week-end à la Crêperie Bretonne! Ouvert à partir de 12h le samedi-dimanche. Reichenberger Str. 30. 10 999 Berlin. Réservations: 030 600 31 192
|