"En amour comme en politique tous les coups sont possibles". Depuis quelques temps, les Français semblent prendre le proverbe au pied de la lettre. Ils s’intéressent de très près à la vie sentimentale de leurs dirigeants. Mais en Allemagne, point de détails sur les amours d’Angela Merkel. Une fatalité? La réponse d’Ulrike Ammermann, journaliste allemande à Hambourg
Plus d'amour en politique? (photo. LPJ Allemagne)
Contrairement aux Français, les Allemands ne sont pas encore lassés des histoires de cœur du nouveau couple présidentiel français. Nous Allemands nous délectons des détails sur les relations antérieures de chacun des deux époux avec père et fils (Carla, Jean-Paul et Raphaël), sur les divorces précédés d’infidélités conjugales (Nicolas, Cécilia, Richard et Anne) et sur les spéculations de coups de foudre à droite et à gauche. Ce qui nous fait rire, c’est surtout que les protagonistes eux-mêmes confondent assez souvent droite et gauche (Carla, Laurent et Nicolas).
Heureusement les Français s'y connaissent en amour
D’où sait-on tout cela en Allemagne ? Pourquoi notre presse s'intéresse-t-elle autant aux histoires de coeur du voisin et si peu à celles des dirigeants allemands?
Hélas, la réalité est là : nous n’avons ni couple royal, ni président avec une épouse particulièrement glamour. Nous n’avons pas de première dame dont un portrait de nu est vendu aux enchères pour un prix exorbitant. Nous avons seulement une chancelière qui fait parler d’elle non pas pour sa beauté ou son élégance mais juste pour une robe de soirée un peu trop décolletée;si elle a bien de vrais pouvoirs, elle ne risque pas d’être vue comme la nouvelle Jacky Kennedy.
Si bien qu'en Allemagne, on ne saurait jamais de quoi parler si on ne pouvait pas emprunter les belles histoires de nos voisins français. Et finalement on sait depuis toujours qu’ils s’y connaissent bien mieux en amour que nous, Allemands, toujours un peu maladroits. C'est un des bons côtés de l'amitié franco-allemande : depuis Adenauer et De Gaulle, les Français nous font volontiers partager leurs histoires...
De l'amour franco-allemand
Pourtant, si nous Allemands continuons à respecter scrupuleusement la séparation public/privé de la vie de nos dirigeants politiques, il se pourrait bien que notre voisin glamour ne la fasse tomber à notre insu. Lors de la remise du prix Charlemagne à Angela Merkel le 1er mai dernier, Nicolas Sarkozy a en effet déclaré: "J'aime Angela bien plus que les journaux ne le laissent entendre". Puis, s'adressant au mari de la chancelière, Joachim Sauer, qu’il a appelé "M. Merkel", il a affirmé: "En douze mois (...) nous nous sommes vus douze fois et compte tenu de son emploi du temps, je suis prêt - M. Merkel - à comparer nos agendas. Angela et moi nous formons un couple harmonieux !". De l'amour en politique, nous Allemands, nous ne l'avions pas vu venir...
Ulrike AMMERMANN. (www.lepetitjournal.com/hambourg.html) mercredi 21 mai 2008