| Ecrit par Victor SOSA,
le 13-01-2005 22:00
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Ouf : le militaire en colère qui avait pris d’assaut un dépôt d’explosifs dans la Marne (lire notre édition de lundi) s’est rendu hier au petit matin sans rien avoir fait sauter. Il a d’ailleurs tenu à faire constater qu´il n´avait pas piégé le silo. Un blagueur désespéré en somme. Mais, tandis que cette affaire connaît un heureux dénouement, voilà que l’égarement d’une valise fait à son tour vaciller l’autorité de la France.
L´histoire s’est jouée vendredi soir à Roissy. Pour parfaire l’entraînement de leurs chiens renifleurs, spécialisés dans la détection de matières explosives, des gendarmes ont malicieusement glissé un pain de 150 grammes de plastic dans la valise d’un voyageur. Si on ne lui fait pas de telles blagues, le clébard fonctionnaire tend plutôt à repérer le bagage d’ordinaire utilisé pour sa gym, qu’à véritablement sniffer le danger. Mais ce soir-là, avant que le toutou flaireur n’arrive, un bagagiste empressé a remis l’anonyme valise piégée sur le tapis roulant. Occupés à contempler les fines gambettes d’une hôtesse, les gendarmes ont perdu de vue la valise. La crédibilité de la sécurité française en jeu Après c’était cuit : impossible en effet de savoir quelle branche du système informatique elle a suivi, ni dans quel avion elle a été acheminée. Or, dans ce créneau horaire, 80 avions étaient en partance de Roissy. Piteuses, les autorités françaises ont dû avertir 80 homologues responsables de la sécurité aéroportuaire à l’étranger. Qu’on retrouve la valise bleu foncé munie de roulettes et d’une poignée télescopique ! Et vite, car la crédibilité de la France est en jeu. Les facétieux maîtres-chiens ont eu l’idée de glisser l’explosif dans une poche zippée sur le côté. Le genre de poche qui ne sert qu’à faire joli et que personne n’ouvre jamais. Si le propriétaire du bagage la laisse fermée, il risque d’avoir une méchante surprise lors de son prochain voyage. Pour un pain au chocolat
Mais, à condition que sa valise ne se soit pas égarée en route, qu’il sache s’il se décide à ouvrir la poche à explosifs, que le pain n’est pas plus dangereux qu’une barre de chocolat ! Dixit la gendarmerie. Toute cette humiliation pour un pain au chocolat ? On comprend la hargne du ministre de l’Intérieur qui condamne avec force une initiative individuelle totalement scandaleuse et promet des sanctions. Il est certain qu’avec cette bourde inédite, on se demande si les gendarmes de Roissy n’ont pas à leur tête le maréchal des logis-chef Cruchot ! Une leçon reste néanmoins à tirer de cette rocambolesque erreur de surveillance : vérifions toujours le contenu des poches de nos bagages. Blanche BAUDOUIN. (LPJ) 7 décembre 2004
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