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LEXIQUE - "Dictionnaire chilango" : un Mexicain ne s'ouvre jamais |
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| Ecrit par Huberto Suarez,
le 13-05-2008 00:00
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Comme le poète Octavio Paz le note dans Le labyrinthe de la solitude, les Mexicains sont, par essence, fermés. Même si pour les Européens nous sommes très amicaux, accueillants, chaleureux et ouverts, la réalité est tout autre. C’est lié au machisme
Comme le dit Octavio Paz : "Le Mexicain - dit Paz- se ferme sur lui même parce que c'est une partie de sa virilité qui est en jeu." S'ouvrir aux autres est un symbole de trahison envers lui-même ; il ne peut pas s'ouvrir parce que ça serait "rajarse" (être lâche), et permettre d'être, en quelque sorte, violé ou "chingado".
C'est aussi une des raisons qui explique le langage si obscur et compliqué des Mexicains, l'"albur" ou double (ou triple et même plus) sens des mots et phrases, et la façon de parler d’un thème en tournant autour du pot sans jamais l’évoquer. On ne donne pas son opinion réelle, on ne montre jamais ses vrais sentiments, surtout si on est fâché avec quelqu'un...
On ne s'ouvre donc pas ! Et c'est pour cela qu’ "abrirse" a un sens de lâcheté, de peur et de manque de virilité, signifiant se mettre de côté pour laisser passer le plus fort ou céder à ses exigences.
Peur Se te abre = T'as peur
Laisser passer un autre ¡ Ábrete ! = Mettez vous de côté! ¡ Ábranla que lleva bala ! = Phrase ancienne qui veut dire que quelqu'un vient en force et qu’il vaut mieux se mettre de côté pour le laisser passer.
S'éloigner des autres Te abres güey = Tu ne viens jamais avec nous Paco me cae gordo, mejor lo voy a abrir. = Je n'aime pas Paco, je ne vais pas l’inviter. No te quiero ver, ¡ ábrete ! = Je ne veux plus te voir, va t'en !
Céder Abrirse de patas = Céder aux exigences sexuelles d’un homme. Terme vulgaire pour dire de quelqu'un qu’il cède tout le temps aux exigences des autres.
Le Dictionnaire Chilango vient en force... ¡ Ábranla ca... ! Huberto Suárez (www.lepetitjournal.com - Mexique) mardi 13 mai 2008
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