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Malgré les grèves à répétition des dockers du Pirée et de Thessalonique, le gouvernement grec entend mener à bien son projet de privatisation d’ici à janvier 2009. A l’instar d’ailleurs de nombreux pays européens pour lesquels les nécessaires investissements pour améliorer la compétitivité de leurs ports semblent inabordables
Bateaux dans le port du Pirée ( Photo www.lepetitjournal.com)
Un nouvel ordre de grève des dockers du Pirée et de Thessalonique vient d’être annoncé pour le 15 mai. Pour Yiorgos Nouhoutidis, président du syndicat des dockers du Pirée, ce nouveau débrayage est la continuation "d’un mouvement contre le bradage des ports grecs" entamé en décembre 2006, après l’annonce par le gouvernement d'un projet de cession au privé de la gestion des activités commerciales des ports, avec au premier rang les activités de manutention et de gestion des conteneurs. Toujours selon Nouhoutidis, plusieurs milliers d’emplois seraient menacés sur l’ensemble des 2 sites. Très déterminé à mener à terme son projet de privatisation dont il attend près d’1,6 milliards d’euros, le gouvernement de Costas Caramalis ne s’émeut guère de ces mouvements sociaux et entend respecter un calendrier serré. Les appels d'offres pour la cession des ports du Pirée et de Thessalonique à des particuliers devraient se clôturer les 19 et 15 mai. Selon le ministre de la Marine marchande, de l'Egée et de la Politique insulaire, Georges Voulgarakis, la procédure en vue de la concession aura pris fin d’ici à la fin 2008, afin que les sociétés retenues puisse prendre possession des lieux au début 2009.
Des privatisations similaires en France La volonté du gouvernement s’explique en partie par les retombées financières immédiates que l’opération devrait génerer mais pas seulement. L’exploitation des conteneurs des ports grecs s’inscrit aujourd’hui dans un contexte de concurrence mondiale sur un marché qui connaît une croissance annuelle de près de 5%. Pour faire face à cette hausse du trafic des conteneurs, de nombreux Etats européens – parfois dans l’incapacité de soutenir les nécessaires investissements qu’une telle hausse induit - font le choix de la privatisation. Ainsi, la France espère achever bientôt la privatisation des activités de manutention de 7 de ses 9 ports autonomes, l’objectif étant d’augmenter le trafic de conteneurs de 3,5 aujourd’hui à 10 millions d’ici à 2015. Particulièrement visé, le port de Marseille, premier de la Méditerranée et 3ème port pétrolier d’Europe. Tout comme les personnels grecs du Pirée et de Thessalonique, les agents du port de Marseille se mobilisent. Ainsi, récemment, ils n’ont pas hésité à totalement paralyser leurs terminaux pétroliers pendant 18 jours. En dehors des tensions sociales qu’elle entraîne, cette vague de privatisation, souvent à des opérateurs chinois ou issus des pays du Golfe, soulève aussi la question du contrôle des principaux ports européens. Doit-on les réduire aux seules activités commerciales, même immenses, qu’ils abritent ? Ou la question de leur intérêt stratégique et géopolitique doit-elle aussi être prise en considération ? Un débat qui commence à émerger au niveau européen et qui pourrait entraîner une plus grande vigilance dans le choix des opérateurs – et notamment de leur pays d’origine- chargés de reprendre les activités privatisées. Pour la Grèce, réponse fin 2008. Adéa GUILLOT. ( www.lepetitjournal.com/athenes.html) mardi 13 mai 2008
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