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Depuis plusieurs semaines, les vendeurs ambulants se mobilisent contre l'offensive de la municipalité qui aimerait les voir remballer leur marchandise L'an passé, le nombre de vendeurs ambulants aurait progressé de 17% (photo LPJ)
De l’ordre, c'est ce que le maire de Buenos Aires, Mauricio Macri, veut offrir à sa ville. Après sa lutte contre les cartoneros, les vendeurs ambulants, notamment ceux installés rue Florida, zone piétonne privilégiée des touristes, sont dans sa ligne de mire. Selon la fédération du commerce de Buenos Aires, le nombre de vendeurs ambulants a augmenté de 17 % en 2007, portant le nombre à 4057 dans toute la ville. Macri s’est chargé, il y a quelques semaines, de freiner cette invasion. "Le gouvernement de la ville nous interdit de travailler" se plaignent plusieurs artisans, dont Gabriel, rencontrés calle Florida. Les mouvements de résistance sont fréquents et les policiers n'hésitent pas à recourir à la violence. Clara, jeune artisane, a reçu, il y a trois semaines, un coup de poing dans l'estomac par un inspecteur. Hier encore Gabriel a été témoin d'une bagarre. Les artisans s’opposent aux nouvelles règles de Macri "Elles compliquent le travail, le rendent excessivement réglementé. Macri a choisi de privilégier les commerçants car ils lui rapportent plus d'argent". En effet ce travail au noir ne profite pas à l’Etat. Pourtant les artisans s’estiment en règle, "le droit constitutionnel autorise à travailler dans la rue, pas les lois municipales". Ils demandent aujourd'hui l'application du seul droit constitutionnel. "On a porté plainte contre la ville mais ça n'a pas aboutit. Mais on va faire appel".
Des tracts et pétitions contre les saisies et amendes Les artisans ne sont pas prêts de renoncer. Beaucoup viennent de loin pour gagner quelques pesos, Adriana est bolivienne, Pedro brésilien. Ensemble, ils se mobilisent, éditent des tracts et appellent les passants à signer une pétition. Ils dénoncent les menaces des forces de l'ordre, le caractère illégal des contrôles. Adriana explique que la mairie paie des étudiants comme indicateurs en plus des inspecteurs pour les surveiller. Saisies de marchandises et amende sont les sanctions pour ce type de délit. "Pendant que les policiers sont là on ne déballe rien et dès qu'ils partent, vers deux trois heures, on s'installe". Les artisans continuent d’exercer leurs activités mais prennent leurs précautions. De l'autre coté de la rue, Pedro vend des colliers. Il se plaint de la concurrence avec les Boliviens, tout près. Mais le centre de la ville est très convoité et les vendeurs ambulants se gênent mutuellement. Sur le trottoir d'en face, les deux policiers en service ne semblent pas hostiles à la présence de Pedro. Interrogés, ils expliquent qu'il est interdit de stationner sur la voie publique. "Il y a deux types de vendeurs : ceux qui sont fixes donc hors la loi et ceux qui sont mobiles, tolérés, c'est à dire pas stationnés sur la voie publique". Le délit pour les forces de l'ordre, c'est la concurrence directe avec les magasins qui paient des impôts. "Pour vendre dans la rue il faut demander un permis à la mairie". Le problème : la plupart des vendeurs s'en procurent des faux. L’institut national des statistiques et du recensement l’INDEC estime à environ 40% le travail au noir en Argentine. Karine ROCAMORA. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) lundi 12 mai 2008 |