| Ecrit par Nevine Kamel,
le 14-05-2008 00:00
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L’Assemblée du peuple vient de voter une augmentation des prix des produits énergétiques pour trouver les ressources nécessaires à la hausse des salaires La joie n’a duré que 5 jours après l’augmentation salariale de 30% annoncée par le président Moubarak à l’occasion du 1er Mai. Lundi dernier, le Parlement a approuvé une forte hausse des prix des produits pétroliers. Comment disposer de ces revenus supplémentaires ? Tel était le défi ou plutôt le mystère. Le gouvernement a bien saisi l’occasion pour hausser les prix d’une grande liste de produits. Pour couvrir cette prime, il faut créer des revenus supplémentaires à hauteur de 12 milliards de L.E. Le principal ingrédient du plan est la hausse des prix de l’essence, du diesel ainsi que ceux du gaz naturel destiné à l’industrie. Soit une baisse des subventions allouées à l’énergie. Celles-ci s’élèvent à 56 milliards de L.E.
Rééquilibrage financier Pour Ahmad Ezz, président du comité du plan et du budget, au sein du Parlement, cette hausse signifie "une redistribution de la subvention qui profitait aux classes les plus aisées (qui possèdent des voitures ou des usines dans les zones franches) pour pouvoir hausser les salaires, préserver le prix du pain subventionné et augmenter la quantité de produits alimentaires subventionnés", a-t-il souligné lors d’une conférence de presse. Et de donner l’exemple de l’essence 80 octane, vendu à 0,9 L.E. le litre, qui n’a connu aucune hausse, alors que l’essence 95 octane, utilisée par les voitures de luxe, a connu une hausse de 57 %. Autre point de vue Cet argument ne représente qu’un seul côté de la vérité. Car la hausse des prix des carburants mènera à une augmentation des prix de tous les produits. L’expérience de 2004 et 2005 le prouve. Quand le gouvernement avait effectué des hausses similaires, l’inflation avait considérablement augmenté pour atteindre près de 18 % en 2005. "Les prix des transports augmenteront, donc celui de toutes les marchandises par la suite", explique Abdallah Chéhata, professeur d’économie à l’Université du Caire. Le Premier ministre, Ahmad Nazif, ne le nie pas. "Mais c’est le moindre impact", selon un communiqué de presse distribué par le comité du plan et du budget. "Si nous avions financé cette prime en augmentant le déficit budgétaire, l’effet sur l’inflation aurait été désastreux", ajoute Nazif. Il a avoué que la hausse du prix du diesel est celle qui pèse le plus. "Mais ce sera un impact relativement limité, qui va être compensé par la hausse des salaires ". Des arguments qui ne convainquent pas Abdallah Chéhata. "En l’absence de règles et de contrôle, les tarifs des transports augmentent à des taux qui dépasseront de loin la majoration édictée", prévient-il. Il note que la prime ne concerne que les fonctionnaires de l’Etat, soit le quart de la main-d’œuvre, alors que chaque entreprise privée devra définir la prime annuelle selon ses propres critères. Par ailleurs, une autre tranche, plus pauvre, travaille dans le secteur informel et dans le secteur agricole. Photo et texte Névine KAMEL. (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mercredi 14 mai 2008
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