| Ecrit par BUDAPEST,
le 15-05-2008 00:00
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Pécs n'a plus que deux ans pour se préparer à accueillir un million de visiteurs. András Mészáros, directeur du projet, met l'accent sur les atouts culturels et géographiques de sa ville. Il parle de ses attentes en terme de développement économique, mais aussi des difficultés que rencontre le projet
(photo logo Pecs 2010)
Malgré sa taille moyenne et sa faible popularité en Europe, Pécs compte jouer sur son régionalisme et ses atouts de "ville sans frontières" pour s'affirmer à côté d'Istanbul et Essen, les deux autres capitales culturelles de l'Europe en 2010. Avec 138,4 millions d'euros, le budget estimé de Pécs 2010 est colossal pour une ville hongroise de province. 85% de cette somme est assurée par l'Union européenne, et comprend une partie des fonds alloués au "programme de développement du sud transdanubien". András Mészáros, directeur du projet, tient à préciser que "lorsque la Hongrie a été choisie par l'UE pour désigner une capitale culturelle européenne en 2010, Pécs s'est très vite imposée comme une évidence. Par sa situation géographique et son métissage de cultures, de langues et de religions, Pécs incarne le message d'ouverture vers les Balkans que l'UE souhaite envoyer."
Une grande partie du financement sert pour l'instant aux constructions qui abriteront au centre ville l'ensemble du programme artistique. Entre autres, une bibliothèque régionale, des auditoriums et un palais des congrès à l'acoustique ultramoderne qui serviront bien au-delà de l'événement. La bien nommée rue des musées, en plein centre, sera reconstruite avec des passages pour piétons inspirés des zebras de Vasarely. Quant à l'ancienne usine Zsolnai, elle sera réhabilitée en un gigantesque centre culturel. "Même sans cette énorme aide de l'Europe pour construire des bâtiments et rénover des structures déjà existantes, Pécs a des conditions, des ressources et surtout un héritage culturel suffisant pour être capitale culturelle de l'Europe. L'important sera de donner l'occasion aux personnalités locales de la culture de rentrer dans un réseau international, ce qui leur sera profitable à long terme, et bien sûr d'attirer de nombreux investisseurs - étrangers ou non - dans la région". Pour cela, il faut rendre Pécs plus accessible. L'autouroute M3 devrait être construite d'ici là, la piste d'atterrissage de l'aéroport régional allongée pour accueillir davantage de compagnies aériennes, notamment les low cost. Enfin, au moins trois hôtels de trois à quatre étoiles devraient être construits à proximité du centre-ville, car Pécs n'a pas actuellement un parc hôtelier digne d'une capitale culturelle européenne. Partenariat délicat avec le gouvernement et manque de couverture médiatique en Hongrie Une partie de la gestion du projet et des fonds fait partie d'un contrat entre la ville de Pécs et le gouvernement. "Je comprends la volonté de contrôle du gouvernement sur ce point" précise András Mészáros. "Ce n'est pas qu'un projet de la ville de Pécs, mais aussi un projet hongrois. La centralisation à Budapest est une grande partie du problème. Mais avec la régionalisation souhaitée par Bruxelles, je crois que nous devons nous entendre sur la base du partenariat. En revanche, nous souffrons actuellement d'un certain désintérêt de la part des médias nationaux. J'espère que notre campagne de communication prévue à partir de 2009 les fera réagir". A propos des influences locales qui pourraient brouiller le contrôle des opérations financières, il est très clair : "Pour être viable auprès de l'UE et du gouvernement hongrois, le projet doit avant tout être d'une transparence irréprochable dans la gestion des fonds. Le respect des lois et des procédures, que ce soit vis à vis de l'UE ou vis à vis des Hongrois est quelque chose avec laquelle je ne transigerai pas". Et à la question de savoir si son passé de lobbyiste hongrois à Bruxelles peut l'aider dans les négociations, il répond "Oui, mon expérience dans ce domaine peut m'aider, c'est vrai. Mais je n'ai pas été choisi pour diriger le programme uniquement grâce à cela. Je suis d'ailleurs arrivé bien après que le projet lui-même eut été lancé et accepté. " Propos recueillis par F.G. (www.lepetitjournal.com - Budapest) jeudi 15 mai 2008
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