| Ecrit par BUDAPEST,
le 16-05-2008 00:00
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Avec près de 200 000 habitants, Miskolc à l'est du pays, dans le département de Borsod-Abaúj-Zemplén, est une des plus grandes villes de Hongrie. Célèbre par son festival annuel d'opéra, elle ne l'est pas moins par son université, la plus grande institution du nord du pays
Panorama de Miskolcs (photo www.archnetwork.eu) Celle-ci a été créée en 1949, mais en réalité elle aura bientôt 300 ans, elle a succédé en effet au collège des Mines de Selmecbánya, Schemnitz en allemand, actuellement Banská Štiavnica en Slovaquie centrale, ville d'environ 10 000 habitants inscrite au Patrimoine mondial de l'UNESCO le 11décembre 1993. Au lendemain de la création de la Tchécoslovaquie le 28 octobre 1918, le collège se replia à Sopron, à l'ouest de la Hongrie. A Banska Stiavnica on utilisa en 1627 la poudre à canon dans les mines et furent mis en service des lacs de drainage. En 1735, Samuel Mikovíny fonde la première école des mines de la région. Elle était voisine d'importants gisements de cuivre, et en moindre mesure d'argent, or et fer. Dans les années 1760, le gouvernement de Vienne soutenu par Marie-Thérèse la transforme en collège des Mines, ce fut la première université technique au monde. La ville décline au XIXe avec l'épuisement des filons. Actuellement, il est possible de visiter le musée de la mine ainsi que des galeries. L'université de Miskolc a ouvert sa bibliothèque au public en 1974, elle comporte plus de 30 000 ouvrages conservés de 1735 à 1918, dont certains très rares du XVIe siècle. Par ailleurs, est présentée une très intéressante exposition consacrée aux trésors de la collection de minéraux de Selmec qui proviennent de plusieurs anciennes mines hongroises. Un illustre voyageur Il y a 280 ans, Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, effectuait plusieurs longs voyages en Europe, notamment en Autriche et Hongrie. "Contrée opulente et fertile, habitée par une nation fière et généreuse", "Je disais que je voulais voir la Hongrie parce que tous les Etats d'Europe avaient été comme la Hongrie à présent et que je voulais voir les moeurs de nos pères". Agé de trente-neuf ans, récemment élu à l'Académie française, il quitte la France le 5 avril 1728 avec l'intention d'étudier la géographie, l'économie et les mœurs de plusieurs pays européens. Ses observations lui serviront pour élaborer De l'esprit des lois paru en 1748. Il arrive à Vienne le 20 avril. Le 20 mai il est reçu par l'empereur Charles VI puis rencontre le prince Eugène et le 27 part pour la Hongrie. Le 28, il assiste à une séance de la Diète à Presbourg, actuellement Bratislava. Courant juin, il visite les mines de Kremnica, ou Kremnitz et Körmöcbánya en hongrois, Stiavnica et Banska Bystrica ou Neusohl et Besztercebánya en hongrois. Il s'y intéresse beaucoup, si pour lui l'Espagne a mal utilisé l'or qu'elle a ramené du Nouveau-Monde, les mines de Hongrie ont su au contraire organiser le salariat qui a permis de développer le commerce grâce au marché local. "Que la Hongrie trouve ou qu'on lui donne quelque moyen de s'enrichir, on y verra bientôt toutes les marchandises de l'univers". Le 26 juin, Montesquieu revient à Vienne, le 9 juillet il part pour Graz et le 12 août pour Venise où il arrive le 16. Entre le 1er et le 5 septembre, il analyse un flacon d'eau prélevée dans la fontaine de Neusohl, laquelle passe pour transformer le fer en cuivre, il découvre qu'elle contient 1/6 de vitriol. Il se rend ensuite en Hollande et en Angleterre et ne reviendra en France qu'en mai 1731. Colette DEHALLE. (www.lepetitjournal.com - Budapest) vendredi 16 mai 2008
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