| Ecrit par Benoît Soilly,
le 09-05-2008 01:00
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Six jours après le passage du cyclone Nargis sur la Birmanie, la junte militaire au pouvoir a hier seulement commencé d’accepter le principe d’une aide internationale. Il y a pourtant urgence, le dernier bilan de victimes dépasse les 100.000 morts Les inondations vont provoquer à court terme des maladies, la pénurie en eau potable et la salinisation des sols (AFP)
Si la junte était aussi rapide et efficace pour accepter l’aide humanitaire que pour réprimer un soulèvement contre son régime, les Birmans seraient probablement entre de meilleurs mains. Six jours après le passage meurtrier du cyclone Nargis, les militaires au pouvoir ont seulement donné hier leur feu vert pour que les ONG du monde entier apportent leur aide à la population birmane. Hier, le premier avion des Nations Unis est arrivé à Rangoun. C’est grâce à un pont aérien que les denrées de base et les premiers soins arrivent sur le sol birman. Car, la junte rechigne toujours à délivrer des visas pour les travailleurs humanitaires. La méfiance règne du côté des autorités birmanes, qui craignent l’espionnage, mais aussi de la part des ONG. Épidémies à suivre, referendum maintenu La junte veut montrer au monde que son régime est capable de faire face à la catastrophe. Surtout, fermée à double tour, elle ne souhaite pas que des étrangers viennent espionner et fragiliser le régime militaire. Les émeutes de septembre sont proches, et la junte avait montré à cette occasion qu'elle était capable de tirer sur son peuple pour conserver le pouvoir. Là, elle est prête à le laisser mourir. Les ONG craignent par ailleurs que l’aide envoyée ne soit détournée par les forces armées pour mieux se l'accaparer. Pendant que les différentes parties recherchent un compromis, les gens meurent. Selon la chargée d'affaires américaine en Birmanie, le bilan pourrait dépasser les 100.000 morts. Déjà effrayant, ce bilan pourrait encore s’alourdir. Après la tempête, les épidémies de paludisme et d’autres maladies guettent. L’eau stagnante où se mêlent tronc d’arbres et cadavres depuis cinq jours est un nid à bactéries. Malgré cette situation calamiteuse, le régime a maintenu le referendum prévu samedi sur une nouvelle Constitution pérennisant l’emprise de la junte sur le pouvoir. Le vote ne sera reporté au 24 mai que dans 47 municipalités. D’ici là, il y aura de moins en moins de monde pour aller voter. Vu les conditions du scrutin, les résultats du referendum devraient être aussi clairs que la couleur de l’eau à Rangoun. Benoît SOILLY (www.lepetitjournal.com) vendredi 9 mai 2008
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