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PORTRAIT - Kely Rely, le Haïtien qui combat le SIDA au Mexique |
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| Ecrit par LPJ Mexique,
le 09-05-2008 00:02
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Kely Rely est un médecin haïtien engagé depuis une dizaine d’années dans la lutte contre le VIH-SIDA au Mexique. "Je suis un économiste de la santé", a-t-il l’habitude de répondre aux gens déconcertés qui lui demandent sa profession.
La quarantaine bien sonnée, Kely Rely est le seul étranger engagé par le ministère fédéral de la Santé pour conduire une unité de prise en charge des malades du SIDA et d’accès au traitement universel (tri-thérapie). Arrivé en 1989 au Mexique pour étudier la médecine, il a choisi la filière peu commune de l’économie appliquée au secteur de la santé. Le diplôme de médecine en poche, Kely suit des études économiques au CIDE (Centre de recherches économiques) de Santa Fe et à l’Institut national de santé publique de Cuernavaca.
Il a aussi collaboré avec la Banque Mondiale sur des programmes d’appui aux groupes à hauts risques affectés par l’épidémie du SIDA. Interrogé sur la situation de la maladie au Mexique, Kely Rely répond qu’en 2007, le nombre cumulé des infectés depuis 1983 a atteint quelques 115.000 personnes, dont 80% à 85% touchent la communauté gay du pays. La majorité des cas d’infection se concentre au District Fédéral, Oaxaca, Veracruz, Jalisco, Basse Californie et l’Etat de Mexico (Edomex). Cette concentration des malades dans ces régions pourrait, à son avis, être liée directement à l’activité touristique.
Prise en charge totale Bien que les programmes de prise en charge des malades au Mexique sont donnés en exemple dans le monde, Kely Rely regrette que le pays, considéré comme une nation à revenus intermédiaires, ne bénéficie pas de l’appui d’organismes internationaux. Il se félicite, toutefois, de la prise en charge totale par le secteur de la santé publique des 24.000 cas de malades recensés actuellement.
Concernant le budget qui est alloué aux programmes de lutte contre le VIH-SIDA, Kely Rely a indiqué qu’en 2008, le gouvernement a consacré environ 1,5 millions de pesos à la prise en charge directe des personnes infectées et plus de 70 millions de pesos sont destinés aux programmes de prévention contre la maladie. A propos de la prévention, Kely a souligné la difficulté de travailler directement avec les groupes à haut risque, tels les homosexuels et les toxicomanes, qui sont les plus touchés par la pandémie. Au Centre national de prévention et de contrôle du VIH-SIDA (CENSIDA), la démarche choisie consiste à travailler via des intermédiaires intégrés au sein de ces groupes, afin de faire passer les messages et sensibiliser aux dangers à venir.
Kely Rely a aussi évoqué ce qu’il a appelé "la prévention secondaire", c’est-à-dire la sensibilisation des personnes déjà infectées contre les risques de transmission de souches résistantes du virus, en cas de rapports sexuels non protégés entre des individus malades. (www.lepetitjournal.com - Mexico) vendredi 9 mai 2008
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